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Article des Echos du 24/11/16 : L'accès aux soins a reculé depuis la crise

jeudi 24 novembre 2016, par Usp


Les inégalités liées aux revenus sont très marquées pour les soins dentaires.
Le nombre de médecins par habitant stagne depuis l’an 2000.

En France, les pauvres renoncent plus souvent à se faire soigner qu’en Allemagne, en Espagne ou au Royaume-Uni, montre le panorama de la santé 2016 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le taux de renoncement aux soins de la population française pour diverses raisons (éloignement géographique, délais, financement) est certes plus faible en 2014 que la moyenne européenne (2,8 % contre 3,3 %). Mais, si l’on isole les 20 % de la population les plus pauvres, la situation française est un peu moins bonne que la moyenne européenne, avec un taux de renoncement de 6,6 % contre 6,4 %.

Le droit au tiers payant pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle n’a donc pas suffi à réduire les inégalités financières d’accès aux soins. Pas plus que le poids des dépenses de santé, à savoir 11 % du PIB en 2015, juste derrière l’Allemagne et la Suède (11,1 % ex aequo), contre 9,9 % en moyenne en Europe.

Les inégalités sont encore plus marquées dans le domaine dentaire, avec des soins prothétiques et orthodontiques qui sont chers et très mal remboursés par la Sécurité sociale. Ce n’est certes pas une exception française : 5,5 % des Européens renoncent à se faire soigner chez le dentiste et ce taux atteint 10,4 % dans le quintile le plus pauvre. La barrière est clairement financière, car les 20 % de la population européenne les plus riches, eux, n’affichent qu’un taux de besoins non satisfaits de 1,7 %.

Parmi les plus inégalitaires

La France se classe dans la moyenne... mais avec des écarts plus prononcés en fonction des revenus. Quelque 12 % de la frange la plus pauvre ne se font pas soigner, alors que ce n’est le cas que de 1,6 % des plus riches. Elle fait donc partie des pays les plus inégalitaires d’Europe, derrière l’Espagne, l’Italie ou la Grèce. Ce qui a conduit la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à promettre un plan d’accès aux soins dentaires.

Dans son panorama, l’OCDE met en évidence le rôle de la crise financière de 2008 dans le recul de l’accès aux soins médicaux ou dentaires. En effet, le taux de renoncement était au plus bas en 2009 en Europe, puis il a commencé à augmenter en 2010. Il y a eu un petit mieux en 2012, et, depuis, la courbe des besoins de soins non satisfaits ne cesse de grimper. La situation est dramatique en Grèce, avec un renoncement aux soins médicaux supérieur à 16 % en 2014, dans un Etat en quasi-faillite. En France, ce n’est évidemment pas aussi grave, mais la courbe croît vivement depuis 2013.

Par ailleurs, la densité médicale en France est honorable, avec 3,3 médecins pour 1.000 habitants contre 3,5 en moyenne en Europe. Mais c’est l’un des rares pays où le nombre de médecins par habitant n’a pas progressé depuis l’an 2000. Pour faire face au vieillissement de la population et à l’essor des maladies chroniques, il faut donc intensifier le temps médical... ou renoncer à certains soins. De plus, l’écart de densité médicale entre les villes et les campagnes est plus marqué en France qu’en Finlande et en Suède. Ces difficultés d’accès aux soins de proximité entraînent des hospitalisations qui pourraient être évitées.

Solveig Godeluck, Les Echos

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211523176361-lacces-aux-soins-a-recule-depuis-la-crise-2045311.php


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