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5e risque : le pire est à craindre !

lundi 14 décembre 2009


La contre-réforme est prévue pour 2010. La démographie appelle à une réflexion puis une politique : 1,3 million de personnes âgées de plus de 85 ans aujourd’hui, 2 millions en 2015.
Mais rien ne nous dit aujourd’hui que le principe de solidarité (à chacun selon _ ses besoins et chacun doit y contribuer selon ses moyens) sera appliqué. Pire, c’est sous inspiration néolibérale que cette politique se prépare.

Tout d’abord, la crise provoquée par les politiques néolibérales a abaissé les ressources de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) au moment ou la faiblesse de ces dernières était criante. Résulta la CNSA baisse sa contribution aux dépenses des départements au titre de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou de la prestation de compensation du handicap (PCH).
Nous sommes donc devant un choix qui n’est rien d’autre qu’un choix de société. Le degré de civilisation d’une société est en partie fonction de la façon dont on traite les personnes âgées en général et les dépendances en particulier.
L’idée de la CNSA de réfléchir à un droit universel de compensation de la perte d’autonomie mérite d’être étudié. Mais avec le principe de solidarité ou alors via le principe de la gestion par le risque mâtiné de charité laissant croître de façon exponentielle les inégalités sociales de santé ? Toute la question est là. Car les candidats à l’accroissement de la marchandisation et de la privatisation du secteur des couches aisées sont en embuscade. Peut-on laisser les entreprises privées prendre la partie rentable de ce secteur et laisser le public gérer les couches plus pauvres en laissant subsister les « mouroirs » à la française ? Est-ce que les organismes complémentaires de l’UNOCAM sont les mieux placés pour pratiquer la solidarité alors qu’ils gèrent déjà leurs oeuvres par la gestion par le risque en ayant évacué pour la plupart le principe de solidarité ? Y a-t-il plus juste et solidaire que la sécu elle-même ?
Et quid des inégalités territoriales entre départements riches et départements pauvres ? La croissance des inégalités territoriales montre bien sur ce secteur où nous mène la décentralisation des années 80. Sans un accroissement des phénomènes compensateurs, cette inégalité s’ajoutera aux autres.
Et être dépendant pauvre dans un département pauvre sera un calvaire.
En dernier lieu, l’effet de seuil de l’âge pour les personnes âgées est-il un critère pertinent ? Une visite médicale approfondie sur critères ne serait-il pas plus juste et solidaire ?

Bernard Teper


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