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Article du Nouvel Observateur du 7 décembre 2007 : La police du Var met en place une messagerie internet de délation

samedi 8 décembre 2007


TOULON
La police du Var met en place une messagerie internet de délation
NOUVELOBS.COM | 07.12.2007 | 14:53

La Direction départementale de la sécurité publique a ouvert un serveur permettant aux citoyens d’envoyer des textes, photos ou vidéos afin de signaler un délit. Le procureur de Toulon affirme qu’il ne s’agit que d’un projet pilote. L’Unsa-Police demande au préfet de "mettre un terme à cette expérience".

(Reuters)

Le syndicat Unsa Police du Var a dénoncé, dans un communiqué publié vendredi 7 décembre, la mise en place par la Direction départementale de la sécurité publique d’une messagerie internet spécialement destinées à recevoir les signalements de délits.

On a en effet appris, jeudi, qu’un serveur informatique avait été installé au centre d’information et de commandement du commissariat central de Toulon. Il recevra les messages, textes, photos, vidéos, transmises par messagerie électronique par ceux qui souhaitent signaler des méfaits et délits (police.83@interieur.gouv.fr).

"Mettre un terme à cette expérience"

L’Unsa va demander au préfet de "mettre un terme à cette expérience qui n’a fait l’objet d’aucune concertation avec les organisations syndicales", selon un communiqué de l’Unsa qui dénonce une messagerie "spécialisée dans la délation"
Selon le syndicat, "la réalité est qu’il y a en gestation non officielle un projet de créer une brigade de renseignement de voie publique. Les renseignements généraux étant désormais appelés à d’autres fonctions, la sécurité publique se dépêche de créer son propre service de renseignements".
"On ne sait pas si ce service aura pour vocation de ’fliquer’ la police ou de dénoncer ’les comportements dits anormaux’", ajoute l’Unsa. Selon le syndicat, des policiers ont été récemment interdits de service plusieurs mois durant dans la région après avoir été accusés à tort d’avoir sciemment tamponné un cyclomoteur pour l’arrêter.

"Un moyen supplémentaire"

Jeudi le procureur de la République de Toulon, Pierre Cazenave avait indiqué à l’AFP que cette adresse n’était qu’un site pilote qui "n’est qu’un moyen supplémentaire de communication entre le citoyen et la police et non une incitation à la délation".
Une équipe sera chargée de consulter les messages et d’analyser leur contenu.
"Les messages, notamment les photos et les vidéos, ne seront pas exploités en dépit du bon sens mais avec toutes les précautions d’usage", insiste Pierre Cazenave.
Il a rappelé à ce sujet que "la flagrance d’une infraction dénoncée ne suffit pas à déclencher des poursuites, il faut d’autres éléments, comme le prévoit le Code de Procédure Pénale".
Le procureur a rejeté l’idée qu’il s’agisse "d’un mode de délation à la manière de Vichy" comme le suggèrent certains défenseurs des droits de l’Homme. "C’est un système d’appel qui va avec le monde moderne (...) la démarche est à l’initiative du citoyen", a-t-il dit.
Le préfet du Var, Jacques Laisné, sollicité par l’AFP, n’a pas souhaité s’exprimer "sur ce sujet qui concerne un procédé interne à la police".


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