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Article du Panorama du médecin du 8 février 2010 : Quelle santé publique dans les CHU ?

lundi 8 février 2010


Le Pr Gérard Dubois s’inquiète de la répercussion sur la santé publique des coupes budgétaires imposées aux petits CHU.

« Les crédits du médico-social ainsi que les crédits de ki prévention, seront sanctuarisés », a dit la ministre de la Santé le 7 mars 2008. Mais est-elle entendue ? La pression financière sur les CHU n’a jamais été aussi intense, et un petit CHU comme celui d’Amiens doit trouver vingt postes médicaux à supprimer. Oui, mais quels postes, dans quelles conditions ?
Le CHU d’Amiens montre une route surprenante. Le premier à être éliminé a mis en place un programme exemplaire de prévention du tabagisme avec toutes les maternités publiques et privées de la région. Il a aidé à améliorer la prévention de la transmission de l’hépatite B de la mère à l’enfant. Il a aidé à prévenir les récidives après les tentatives de suicide. Son départ mettra fin à tout cela. Qui s’en soucie Pourtant, la Conférence régionale de santé a marqué son intérêt, et le conseil régional apporté son soutien financier pour ces actions. Malgré tout cela, le CHU d’Amiens qui est en souffrance financière ne s’intéresse plus qu’à lui-même. Un autisme naissant ? L’Agence régionale d’hospitalisation finissante, qui va être absorbée d’ici peu par l’Agence régionale de santé, liquide les affaires courantes, mais supprime le financement de ce poste. Et cela survient dans une région, la Picardie, où les besoins de santé publique sont immenses, la densité médicale des plus faibles, l’état de santé des plus précaires. Qu’en sera-t-il ailleurs ?
II faut de plus y ajouter la manière. Bien qu’il alt le meilleur score de publications médicales du CHU, le médecin qui a vu disparaître son poste a appris par un mail à Noêl qu’il était « viré » au Nouvel An ! Ni lui ni son chef de service ni son responsable de pôle n’étaient au courant. S’il faut un patron à l’hôpital, faut-il copier France Télécom ?
Cet exemple doublement emblématique d’un mépris des hommes et de la santé publique est plus qu’inquiétant. On peut craindre la contagion, sauf à y mettre fin dès le début de l’épidémie.

Le Pr Gérard Dubois est professeur de santé publique à Amiens et membre correspondant de l’Académie nationale de médecine.


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