Union Syndicale de la Psychiatrie USP.


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Article du Quotidien du médecin du 19 octobre 2009 : Pierre Faraggi (CPH) dénonce « des dispositions scélérates »

lundi 19 octobre 2009


Le président de la Confédération des praticiens des hôpitaux explique les raisons de son impatience.

LE QUOTIDIEN – Vous avez, avec les autres intersyndicats de PH, cessé jusqu’à nouvel ordre de participer aux négociations autour des textes d’application de la loi Bachelot. Pourquoi ??

Dr PIERRE FARAGGI – Parce que rien n’est satisfaisant dans cette concertation. Nous n’avons pas jusqu’à présent obtenu une vision globale des textes, tout est très morcelé. Une fois les réunions passées, nous n’avons même pas de relevé de conclusions, rien n’est acté de nos propositions par le cabinet, y compris quand celles-ci apparaissent comme consensuelles.

Enfin, le chiffon rouge, c’est d’avoir glissé dans les textes un certain nombre de dispositions scélérates, qui agressent la protection sociale – déjà insuffisante – des PH et détériorent les conditions de financement de leurs comptes épargne temps. Ce sont de bien mauvaises façons…

... que vous vous expliquez comment ??

En entamant les discussions, j’ai posé la question aux pouvoirs publics : « Coquille ou provocation ?? » Je crois pour ma part qu’il s’agit de provocation. La DHOS [direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, au ministère de la Santé, NDLR] nous a assuré que ce qui touche à notre protection sociale serait retiré des textes mais nous n’avons depuis aucun écrit, aucun engagement. C’est à se demander si on ne souhaite pas mettre les praticiens dans la rue ?!

Sont-ils, précisément, prêts à y descendre ?? Comment décririez-vous l’état d’esprit des médecins hospitaliers ??

Je rappelle qu’ils se sont pas mal mobilisés au premier semestre et qu’en dépit de cela, nous n’avons pas du tout été entendus par les pouvoirs publics. Cette expérience n’est évidemment pas de nature à faciliter une nouvelle démonstration de force. Mais aujourd’hui – alors que, je le souligne, les PH parlent de nouveau d’une même voix et que la fonction publique hospitalière prépare des mouvements –, on va trop loin ?! Le déséquilibre qui est en train de s’installer à l’hôpital entre les praticiens (qui, quoi qu’on en dise, font tourner les établissements) et les managers à qui l’on confie la totalité des manettes est profondément révoltant. On sait bien que dans l’avenir, on aura besoin de nous et que nous aurons de facto des marges de manœuvre, les textes n’en restent pas moins totalement déséquilibrés et injustes.

Contre lesquels vous battrez-vous en priorité ??

Contre ceux qui concernent la CME [commission médicale l’établissement]. À l’hôpital, la CME est un pilote, un centre de réflexion, une vigie. Nous pensons que les avis de la communauté médicale doivent précéder les avis du président de la CME. Pour les nominations et les affectations de PH en particulier, il est indispensable d’avoir une position tierce : c’est la seule façon d’empêcher les tripatouillages locaux et l’assujettissement total des praticiens. La CME doit donner un avis sur les carrières à différents moments de la vie des médecins. Et nous tirons à boulet rouge sur la clause de non-concurrence [avec le secteur privé, NDLR] que l’on veut appliquer aux praticiens : c’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire pour faire venir les jeunes médecins à l’hôpital.

Sur le terrain, la prise de conscience des changements qui se préparent n’a rien d’évident. Les médecins ont comme première réaction de « ne pas y croire ». Parce que c’est incroyable ?! Comment imaginer que l’hôpital fonctionne sans nous, nous en sommes la cheville ouvrière ??

Êtes-vous sensible à l’offensive très forte des cliniques privées
pour se positionner dans le secteur ??

Il est totalement scandaleux que la FHP [Fédération de l’hospitalisation privée, NDLR] puisse dire « Pour faire du bien à la Sécu, venez en clinique ». D’abord parce que, souvent, c’est un mensonge. Ensuite parce qu’elle n’a pas à intervenir dans ce débat. Je dénonce le silence coupable des pouvoirs publics sur ce genre d’intervention. Cette agression permanente n’est pas supportable. Elle l’est d’autant moins que la loi HPST, je le répète, n’est pas une loi qui favorise l’hôpital public.

PROPOS RECUEILLIS PAR KARINE PIGANEAU

Le Quotidien du Médecin du : 19/10/2009


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