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Dépêche APM du 30 décembre 2008 : Lits de réanimation : le Samu 91 affirme avoir contacté le Samu 75 dans la nuit de samedi à dimanche

mardi 30 décembre 2008


PARIS, 30 décembre 2008 (APM) - Le Samu 91 a affirmé mardi à l’APM qu’il avait contacté plusieurs autres Samu, dont le Samu 75, dans la nuit de samedi à dimanche afin de trouver une place en réanimation pour un patient souffrant de détresse respiratoire, réfutant ainsi les déclarations de la ministre de la santé.

Après le décès de cet homme dimanche matin pour lequel il a mis près de six heures à trouver un lit de réanimation, le Samu 91 est resté sur la réserve afin d’éviter toute surenchère au moment où la polémique enflait autour de cette affaire. Toutefois, les propos de la ministre de la santé lundi après-midi lors d’une conférence de presse l’ont incité à réagir mardi.

"Nous avons été heurtés par des déclarations hâtives que nous contestons", a déclaré à l’APM Nicolas Briole, responsable du Smur de Corbeil-Essonnes, en charge mardi de la communication du Samu 91.

Roselyne Bachelot a reconnu lundi que les établissements franciliens étaient en période de tension mais a balayé tout "dysfonctionnement structurel" au niveau des urgences et des services de réanimation, indiquant que 11 lits de réanimation étaient disponibles cette nuit- là à moins de 20 minutes de l’endroit où se trouvait l’homme pris en charge par le Samu 91.

Elle a alors évoqué un éventuel problème de régulation, se demandant notamment pourquoi le Samu de l’Essonne n’avait pas téléphoné directement au Samu 75 qui avait la liste des lits disponibles en réanimation (cf dépêche APM CBLLT004).

"Bien sûr que nous avons contacté le Samu 75 !", a assuré Nicolas Briole en soulignant que cela peut être facilement vérifié grâce aux bandes d’enregistrement. Le Samu 75 aurait indiqué au Samu de l’Essonne un lit disponible à l’hôpital Saint-Antoine à Paris mais cette place n’était en fait pas libre.

Nicolas Briole a insisté sur la "grande solidarité entre les régulateurs" des différents Samu. Il précise que le Samu 91 a également contacté le Samu 92 et a cherché un lit dans le grand Sud de l’Ile-de-France, jusqu’à Chartres.

Il s’interroge sur les 11 lits de réanimation disponibles annoncés par le ministère de la santé, se demandant notamment si ces lits ne sont pas des lits de réanimation chirurgicale, des lits d’unité de soins intensifs cardiologiques (Usic) ou d’autres lits de réanimation spécialisés.

Nicolas Briole a également observé que le cas de ce patient est un cas exceptionnel mais pas rare. Ainsi, le Samu 91 a dû contacter dimanche 17 services de réanimation pour trouver une place à un autre patient.

D’après lui, les Samu étaient le week-end dernier en grande tension et la situation ne s’est pas améliorée en ce début de semaine et risque d’être encore plus difficile le week-end prochain.

Il a remarqué que le grand problème des lits de réanimation résidait dans le flux d’aval car beaucoup de services sont actuellement fermés.

Nicolas Briole appelle à une prise de conscience collective au delà de la polémique afin de prévenir d’autres situations dramatiques.

LE PATIENT A BENEFICIE DE SOINS CONTINUS

Nicolas Briole est par ailleurs revenu sur les faits de la nuit de samedi à dimanche, insistant sur le fait que le patient a bénéficié d’une prise en charge continue malgré les difficultés pour trouver un lit de réanimation.

Peu avant minuit, le centre des appels d’urgences de l’Essonne a été alerté vers minuit par les proches du patient de 57 ans qui présentait une difficulté respiratoire. Une équipe des sapeurs-pompiers et l’équipe du Smur de Longjumeau se sont alors rendues immédiatement auprès du patient. Cette équipe mobile de réanimation a procédé à une prise en charge médicale spécialisée mais la gravité de l’état du patient nécessitait une continuité de soins dans un service de réanimation.

"Devant les difficultés avérées pour trouver les places de réanimation du fait notamment des épidémies saisonnières, du grand froid, du volume très important d’activité et des fermetures saisonnières de lits hospitaliers, mais également face aux premières impossibilités d’admission constatées par le médecin régulateur du Samu 91, il a été décidé de faire admettre ce patient dans un premier temps en salle de déchoquage des urgences de l’hôpital de Longjumeau", précise le Samu 91

Au sein de ce service hospitalier, les soins médicaux ont été poursuivis "sans discontinuer" dans l’attente d’une place dans un établissement.

Toutefois, l’état du patient s’est brutalement aggravé "malgré la présence constante de plusieurs équipes médicales, dont celle du Smur et de la réanimation", explique Nicolas Briole en précisant que le patient a fait quatre arrêts cardiaques qui ont pu être récupérés par l’équipe de réanimation.

Parallèlement, la recherche active de place a été poursuivie par le médecin régulateur du Samu 91 ponctuellement renforcé par un de ses confrères qui a pris en charge la gestion des autres appels au centre 15.

Après plus de 24 impossibilités d’admission du patient auprès de différentes structures de réanimation, un lit a pu être libéré au sein de l’hôpital Bichat à Paris.

Compte tenu de l’évolution de l’état du patient, il a été décidé de réaliser une coronarographie à l’hôpital Lariboisière préalablement à son admission à l’hôpital Bichat. Il s’agissait simplement d’un examen pour vérifier l’état des artères coronaires afin que le réanimateur de l’hôpital Bichat ait tous les éléments pour bien prendre en charge le patient.

Cet examen non urgent ne pouvait pas être fait à Bichat car son appareil était en maintenance. Afin d’éviter de redéplacer le patient dans la journée de dimanche, il a été décidé de faire cette coronarographie à l’hôpital Lariboisière avant son admission à l’hôpital Bichat.

Le transfert du patient entre l’hôpital de Longjumeau et l’hôpital Lariboisière s’est effectué sous la surveillance médicale continue du Smur de Corbeil-Essonnes mais malgré les moyens mis en oeuvre, le patient a fait d’autres arrêts cardiaques et est décédé à son arrivée à l’hôpital Lariboisière vers 6 heures du matin.

Après le dépôt par l’épouse de la victime d’une plainte pour "non assistance à personne en danger", le Parquet d’Evry a annoncé lundi qu’une enquête préliminaire de police allait être ouverte.

cb/rtrs/co/APM polsan


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