Union Syndicale de la Psychiatrie USP.


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La loi HPST..... A suivre....

jeudi 14 mai 2009, par Usp

Une évolution positive semble se dessiner dans les dernières déclarations d’André Grimaldi.
Il y a encore peu il s’en tenait à une critique du volet hospitalier de la loi Bachelot, déclarant que les autres parties avaient des aspects positifs.
Il demande désormais une remise à plat général, et aujourd’hui dans ses déclarations sur France Info en réponse aux annonces de Sarkozy, il mettait en cause les ARS, montrant à juste titre que les directeurs d’Hôpitaux ne sont que des marionnettes dans les mains du directeur de l’ARS.
A suivre....


André Grimaldi, Il n’y a pas d’urgence !
chef de service de diabétologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière [1].
La ministre Madame Roselyne Bachelot ne cesse de répéter que sa loi est une grande loi de réforme de l’hôpital comme il n’y en a pas eu depuis cinquante ans. Mais les rares défenseurs de cette loi utilisent toujours la même parade lors des débats.

L’organisation des soins, ce n’est pas dans la loi ! La constitution de filières de soins, ce n’est pas dans la loi ! Le financement des hôpitaux, ce n’est pas dans la loi ! La concurrence appelée « convergence » entre hôpitaux qui sert à justifier les suppressions d’emplois sans raison médicale, ce n’est pas dans la loi ! Cette grande loi se résume donc à transformer les hôpitaux en entreprises en donnant tout le pouvoir au directeur, y compris de nomination et de révocation des médecins chefs de pôle. En effet, ce sont eux qui, en dernière instance, auront à faire appliquer la politique de redressement financier en supprimant des emplois, imposé par le retour à l’équilibre.

Ainsi pour réduire les 35 millions d’euros de « déficit programmé » de la Pitié-Salpêtrière, il va falloir supprimer vingt infirmières dans le pôle d’hémato-cancérologie, quarante dans le pôle de neurologie, etc. Voilà ce que l’on appelle la « nouvelle gouvernance » : faire faire le « sale boulot » par les médecins.

Les médecins chefs de pôle sont donc face à un choix : rester fidèles à leur éthique professionnelle et démissionner, ou plier l’échine. Nous sommes pour une réforme de l’hôpital, mais nous sommes contre cette loi, qui est une mauvaise loi.

Elle doit être profondément modifiée et réécrite, et donc reportée.

Des états généraux permettraient d’associer l’ensemble des professionnels à une vraie réforme de l’hôpital public à la hauteur d’un réel projet de société.

Le premier ministre peut lever la procédure d’urgence parlementaire pour permettre à l’Assemblée de discuter en deuxième lecture la loi amendée par le Sénat.

Ainsi le vote de la loi aurait lieu à la fin de l’année. Il n’y a aucune urgence pour réformer l’hôpital public.

Il n’y a qu’un président pressé. Il est volontariste, mais il sait reculer. Il vient de le faire pour la « convergence public-privé », visant à aligner les tarifs des hôpitaux publics sur ceux des cliniques commerciales, reportées de 2012 à 2018.

Seule une grande mobilisation de la communauté hospitalière médicale et non médicale, et de l’ensemble de la population, permettra d’obtenir le report de la loi pour imposer des états généraux.

Le 14 mai sera une journée de grève et de manifestations unitaires de la communauté hospitalière médicale et non médicale et de la population dans toute la France pour défendre l’hôpital public.

À Paris, les blouses blanches iront rendre visite à Madame Bachelot qui avait refusé de les recevoir le 28 avril.

Notes

[1Auteur de "l’Hôpital malade de la rentabilité". Éditions Fayard, 2009


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