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UFC-Que Choisir : L'étude qui dénonce la fracture médicale

lundi 22 octobre 2012


L’UFC-Que Choisir, association de défense des consommateurs, vient de rendre publique une étude alarmante sur l’accès aux soins dans notre département. L’association parle de « fracture sanitaire » en ce qui concerne trois spécialités : pédiatrie, gynécologie et ophtalmologie.
Il suffit de décrocher son téléphone pour demander un rendez-vous chez un gynécologue, un ophtalmologiste ou un pédiatre pour toucher du doigt cette « fracture sanitaire » mise au jour par une enquête de l’UFC-Que Choisir, qui vient d’être rendue publique. Les délais d’attente, les dépassements d’honoraires, la difficulté à trouver un praticien à proximité : tout cela est malheureusement bien connu des Ariégeois.Et l’enquête minutieuse et passionnante de l’association de défense des consommateurs reflète bien ce sentiment largement partagé.La conclusion de cette enquête est sans appel : « Les Ariégeois sont victimes de ce qu’il convient véritablement d’appeler une fracture sanitaire », selon l’UFC.
« Des déserts sanitaires bien installés ». L’étude démontre en effet qu’en ce qui concerne les pédiatres, les gynécologues et les ophtalmologistes, ce sont respectivement 52%, 66% et 90% de la population qui sont concernés. L’UFC-Que Choisir parle donc de « déserts médicaux bien installés ».
Une forme de « double peine ». Cette pénurie s’intensifie effectivement pour les patients à la recherche de spécialistes qui ne pratiquent pas le dépassements d’honoraires. Et l’étude de conclure : « C’est ainsi que, dans notre département, le pourcentage de la population qui vit dans un désert médical ophtalmique passe de 47% à 90% », selon ce critère financier.
« Aucune zone n’échappe à l’exclusion sanitaire ». « L’exclusion sanitaire liée à la capacité financière des usagers ignore la segmentation ville/campagne : c’est ainsi, par exemple, que les habitants de Foix et de Pamiers sont bel et bien dans des déserts médicaux s’agissant des ophtalmologistes qui ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires », souligne encore cette enquête. La conclusion,de nouveau, est sans appel : « Dans notre département, il y a donc une inadmissible fracture entre les usagers qui peuvent se soignet dans de bonnes conditions et ceux qui, au-delà des déserts démographiques, sont progressivement exclus de notre système de santé parce qu’ils ne peuvent pas payer les tarifs demandés ».
Une lettre aux parlementaires. L’association a écrit à l’ensemble des parlementaires, qui seront prochainement amenés à discuter du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Elle leur demande notamment de favoriser l’installation de médecins dans les zones les plus touchées, ainsi que le plafonnement des dépassements d’honoraires.


Les variables prises en compte

L’UFC-Que Choisir a étudié conjointement la localisation et les prix pratiqués oar les médecins de quatre spécialités : généralistes, ophtalmologistes, pédiatrie et gynécologues. Le calcul de l’offre de soins disponibles retient un temps de trajet maximal de 30 minutes pour les généralistes, et de 45 minutes pour les spécialistes. La notision de désert médical décrit les endroits où la densité médicale est de 60% inférieure à la moyenne nationale.


Ophtalmologie : six mois pour un rendez-vous

C’est dans ce domaine de spécialité que le bât blesse le plus douloureusement dans notre département : 90% de la population ariégeoise vit en effet dans une forme de désert médical, si l’on croise les deux critères retenus par UFC-Que Choisir, en ce qui concene les tarifs pratiqués et la proximité des praticiens. Six mois pour obtenir un rendez-vous, plus de 45 minutes de route pour s’y rendre, et un spécialiste qui pratique le plus souvent le dépassement d’honoraires : c’est la règle, notamment dans trois des grandes villes ariégeoises : Foix, Pamiers et Lavelanet comme en témoigne la carte rendue publique par l’association. Seul le Couserans paraît mieux loti, mais l’accès aux soins y est considéré comme difficile cependant.


Gynecologie : le désert...

Dans ce domaine, l’UFC-Que-Choisir constate tout d’abord qu’ « une part inquiétante de la population -44%- est concernée par la notion de désert médical (1) ». Et de poursuivre : « Puisque cette spécialité recourt de manière généralisée aux dépassements d’honoraires, le chiffre explose si l’on veut se faire soigner sans dépassements ». Là, la population concernée par les difficultés d’accès aux soins augment fortement, pour atteindre les deux tiers de la population.
Selon l’UFC-Que Choisir, trouver un gynécologue qui exerce aux tarifs de la sécurité sociale est problématique, là encore, dans trois des grandes villes de notre département : Lavelanet, Foix et Pamiers.
(1) Une situation constatée inférieux de 60% à la moyenne nationale, selon le critère retenu par l’association.


Pédiatres : la ruralité délaissée

« Pédiatres : en trouver en dehors des villes est loin d’être un jeu d’enfants » : voilà comment l’UFC-Que Choisir décrit la situation de notre département pour cette spécialité. « Les inégalités d’accès aux soins sont graves dans ce domaine, souligne l’association. 50% de la pompulation départementale ne peut accéder dans de bonnes conditions à cette spécialité, et 52% si l’on ne considère que les médecins qui exercent au tarfi de la sécurité sociale ». Le Pays d’Olmes, selon l’association, serait plus particulièrement touché. Les villes de Lavelanet et d’Aigues-Vives sont plus particulièrement concernées.


Généralistes pas de fièvre

« Peu de tension, en ce qui concerne les généralistes » : c’est la conclusion de cette enquête, même si 11% de la population est concernée par la notion de désert médical et que deux villes souffrent d’un manque de généralistes qui appliquent strictement les tarifs de la Sécu (Lavelanet et Pamiers). Pourtant, de nombreuses communes rurales sont aujourd’hui privées de praticien, et les départs à la retraite qui s’annoncent ne manquent pas d’inquiéter de nombreux observateurs.


Réactions

Jean-Pierre Bel, président du sénat
« Répondre aux besoins des territoires ». La question des déserts médicaux est une préoccupation de nos concitoyens dans plusieurs régions de France et notamment en Ariège. Les élus s’en sont fait l’écho depuis plusieurs années. Cette étude illustre l’ampleur de cette question. J’ai personnellement défendu auprès du gouvernement l’importance d’apporter des réponses concrètes à ces préoccupations. Ainsi, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, a prévu la création de 200 contrats proposés à des nouveaux jeunes médecins généralistes qui souhaiteraient s’installer pour prendre le relais de médecins qui vont partir à la retraite dans les zones concernées. Cette mesure permettra de répondre aux besoins des territoires les plus en difficulté. Plus globalement, un plan dédié et complet sur les déserts médicaux sera mis en œuvre à partir de 2013. Le Sénat contribuera à sa préparation au travers d’un groupe de travail qui se réunit régulièrement et qui présentera son rapport en début d’année prochaine ».

Agence régionale de santé
Un travail sur l’attractivité des territoires . L’ARS nous a répondu ainsi : « La problématique des dépassements d’honoraires n’est pas au premier plan des préoccupations en Ariège car il y a peu de spécialistes libéraux dans ce département.. Cependant l’ARS est très sensible aux problèmes de dépassements d’honoraires et pour faire face à cette situation, travaille sur l’attractivité des territoires (...). »

Alain Fauré, député
« Des pistes de travail ». « J’attends d’avoir pris connaissance de cette enquête, dont je ne connais que les grandes lignes. Bien entendu, on manque partout de praticiens dans certaines spécialités, et ce n’est pas spécifique à l’Ariège, mais ils savent se rendre disponibles, notamment en cas d’urgence. Pour l’avenir, des pistes de travail existent. Je suis notamment assez favorable au plafonnement des honoraires ». Je pense aussi qu’il faut aider les jeunes médecins qui s’engagent à rester plusieurs années en milieu rural. Mais ces sont des idées qu’il faut approfondir ».

Jean Martinet et Laurent Gauthey


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