{"id":21721,"date":"2007-03-06T14:26:46","date_gmt":"2007-03-06T13:26:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=21721"},"modified":"2007-03-06T14:26:46","modified_gmt":"2007-03-06T13:26:46","slug":"article-du-panorama-du-medecin-du","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=21721","title":{"rendered":"Article du Panorama du M\u00e9decin du 5 mars 2007 : S\u00e9gol\u00e8ne Royal : ce que je veux pour la sant\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Dans un entretien avec Panorama du M\u00e9decin, \u00e0 para\u00eetre lundi 5 mars, la candidate \u00e0 l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e rappelle son attachement \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s universel aux soins et \u00e0 une m\u00e9decine \u00ab moderne et efficace \u00bb. Elle souhaite mieux r\u00e9mun\u00e9rer les nouvelles responsabilit\u00e9s qui incombent aux praticiens et compte \u00ab ma\u00eetriser l&rsquo;\u00e9volution des d\u00e9penses m\u00e9dicales et pas seulement celle de l&rsquo;assurance maladie \u00bb. Egora publie ci-dessous le texte de cette interview.<\/p>\n<p><strong>PANORAMA DU M\u00c9DECIN : Quel bilan dressez-vous de l&rsquo;action du gouvernement actuel en mati\u00e8re de politique de sant\u00e9 et de r\u00e9forme de l&rsquo;assurance maladie ?<\/strong> <\/p>\n<p><strong>S\u00c9GOLENE ROYAL<\/strong> : Objectivement accablant. C&rsquo;est ce que pensent d&rsquo;ailleurs beaucoup de Fran\u00e7ais et de professionnels. La r\u00e9forme de 2004 devait apporter le retour \u00e0 l\u2018\u00e9quilibre des comptes d\u00e8s 2007. Or, depuis 2004, la seule assurance-maladie est rest\u00e9e dans le rouge. Les pr\u00e9visions pour l&rsquo;exercice 2007 le confirment. Le dispositif du m\u00e9decin traitant se traduit par une bureaucratie pour les m\u00e9decins, tandis que les assur\u00e9s ne savent plus combien il vont payer, pas davantage ce qui leur sera rembours\u00e9. Quant au dossier m\u00e9dical personnel, annonc\u00e9 \u00e0 grand renfort de publicit\u00e9, le gouvernement l&rsquo;a transform\u00e9 en un immense g\u00e2chis. Et l&rsquo;acc\u00e8s aux soins devient extr\u00eamement difficile dans de nombreux territoires.<\/p>\n<p><strong>Face aux probl\u00e8mes de d\u00e9mographie m\u00e9dicale, faut-il encore augmenter le numerus clausus ? Peut-on maintenir la libert\u00e9 d&rsquo;installation des m\u00e9decins ?<\/strong> <\/p>\n<p>Nous devrons prendre en compte le fait que la d\u00e9mographie m\u00e9dicale ne constitue pas une donn\u00e9e homog\u00e8ne. En outre, les d\u00e9cisions ne peuvent se faire sentir qu&rsquo;\u00e0 moyen terme : d\u00e9terminer le \u00ab bon \u00bb niveau de nos effectifs \u00e0 horizon 2010\/2015 n&rsquo;appelle pas les m\u00eames r\u00e9ponses selon que l&rsquo;on \u00e9voque les g\u00e9n\u00e9ralistes, les p\u00e9diatres, les anesth\u00e9sistes ou les g\u00e9riatres. Nous devons desserrer le numerus clausus de mani\u00e8re cibl\u00e9e. Quant \u00e0 l&rsquo;installation des m\u00e9decins, je souhaite qu&rsquo;elle fasse partie du Pacte de confiance que je leur proposerai, afin de pr\u00e9ciser ensemble leurs droits et leurs devoirs vis-\u00e0-vis de la collectivit\u00e9 nationale. Il faudra d\u00e9finir des incitations positives pour mieux couvrir les zones sous-m\u00e9dicalis\u00e9es. <\/p>\n<p>2007 est l&rsquo;ann\u00e9e de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale comme sp\u00e9cialit\u00e9. Que faut-il faire pour que les jeunes se dirigent vers cette sp\u00e9cialit\u00e9 d\u00e9sert\u00e9e ? On ne pourra pas donner aux jeunes l&rsquo;envie de choisir la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale si leurs a\u00een\u00e9s ne sont pas heureux dans le m\u00e9tier qu&rsquo;ils exercent. Or c&rsquo;est bien ce que l&rsquo;on constate aujourd&rsquo;hui, le malaise de cette profession s&rsquo;est encore aggrav\u00e9 avec les r\u00e9formes mises en \u0153uvre par l&rsquo;actuel gouvernement. Les responsabilit\u00e9s et les contraintes administratives se sont surtout accrues pour les g\u00e9n\u00e9ralistes avec le parcours de soins et les exigences de la permanence des soins. Et dans le m\u00eame temps on ne leur a pas donn\u00e9 les moyens de les assumer. Or il est fondamental de consentir l&rsquo;effort n\u00e9cessaire, non pas pour faire plaisir aux g\u00e9n\u00e9ralistes mais parce que notre syst\u00e8me de soins et de s\u00e9curit\u00e9 sociale a absolument besoin d&rsquo;une m\u00e9decine de premi\u00e8re ligne moderne et efficace. Je suis consciente qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un immense chantier car il concerne \u00e0 la fois la formation, la red\u00e9finition des missions, les conditions d&rsquo;exercice et la r\u00e9mun\u00e9ration. Mais je suis r\u00e9solue \u00e0 l&rsquo;entreprendre avec le concours de leurs syndicats. <\/p>\n<p><strong>Pourquoi vouloir cr\u00e9er 500 maisons de sant\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>La continuit\u00e9 des soins entre la m\u00e9decine ambulatoire et l&rsquo;h\u00f4pital me pr\u00e9occupe, et les formules de r\u00e9seaux ont jusqu&rsquo;ici in\u00e9galement r\u00e9ussi \u00e0 assurer cette continuit\u00e9. Les maisons de sant\u00e9, que j&rsquo;appelle dispensaires, doivent devenir un maillon de la cha\u00eene. Dans bien des endroits, elles pourraient constituer des p\u00f4les d&rsquo;excellence o\u00f9 se retrouveraient plusieurs praticiens mais aussi des personnels param\u00e9dicaux et sociaux. Elles seraient particuli\u00e8rement utiles dans les zones d\u00e9ficitaires en termes d&rsquo;offre de soins. En effet, la d\u00e9sertification m\u00e9dicale inqui\u00e8te de plus en plus les \u00e9lus et la population de nombreux territoires.<\/p>\n<p><strong>Etes-vous pour le maintien du paiement \u00e0 l&rsquo;acte ?<\/strong> <\/p>\n<p>Oui, d\u00e8s lors qu&rsquo;il ne sera plus un syst\u00e8me ferm\u00e9 et qu&rsquo;il deviendra enfin possible de le compl\u00e9ter par une r\u00e9mun\u00e9ration de type forfaitaire, au titre de la participation \u00e0 des actions de pr\u00e9vention ou de sant\u00e9 publique. Je suis certaine que ces nouveaux engagements professionnels sont de nature \u00e0 r\u00e9pondre aux aspirations de nombreux praticiens et praticiennes ainsi qu&rsquo;aux jeunes qui embrassent ces professions. Les m\u00e9decins r\u00e9pondent \u00e0 des exigences m\u00e9dicales mais aussi de plus en plus \u00e0 des demandes \u00e0 caract\u00e8re social. Il s&rsquo;agit de savoir comment mieux r\u00e9mun\u00e9rer ces nouvelles exigences en apportant de nouvelles r\u00e9ponses. <\/p>\n<p><strong>Nicolas Sarkozy s&rsquo;est prononc\u00e9 en faveur d&rsquo;un \u00ab espace de libert\u00e9 tarifaire pour les m\u00e9decins lib\u00e9raux \u00bb. Il souhaite \u00e9galement instaurer une franchise non remboursable, ni par la s\u00e9curit\u00e9 sociale, ni par les assurances compl\u00e9mentaires. Que pensez-vous de ces propositions ?<\/strong> <\/p>\n<p>Ces propositions ont une seule cons\u00e9quence : mettre \u00e0 contribution les patients et cr\u00e9er les conditions d&rsquo;une m\u00e9decine \u00e0 plusieurs vitesses. L&rsquo;id\u00e9e de franchise est une vieille antienne consistant \u00e0 faire peser sur les assur\u00e9s une partie des efforts, dans une d\u00e9marche de culpabilisation qui me para\u00eet \u00e0 la fois injuste et parfaitement irr\u00e9aliste. On ne choisit pas d&rsquo;\u00eatre malade et, \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, la fraude, m\u00eame si elle doit \u00eatre fermement r\u00e9prim\u00e9e, reste un ph\u00e9nom\u00e8ne marginal. Tout ceci ne sert qu&rsquo;\u00e0 masquer une gestion aux r\u00e9sultats catastrophiques. La gauche a su, avec la CMU, r\u00e9pondre au d\u00e9fi de l&rsquo;acc\u00e8s universel aux soins : nous devons aujourd&rsquo;hui aller encore plus loin, en visant la meilleure qualit\u00e9 pour tous. Renvoyer les Fran\u00e7ais \u00e0 des prix de march\u00e9 \u00e9lev\u00e9s et \u00e0 des primes d&rsquo;assurance qui explosent, contredit cette priorit\u00e9. La politique de sant\u00e9 est d&rsquo;abord un d\u00e9bat sur les valeurs. Nous proposons un syst\u00e8me solidaire et responsabilisant ; la droite pr\u00e9conise un syst\u00e8me individualiste et brutal, que l&rsquo;instauration d&rsquo;une franchise illustre parfaitement.<\/p>\n<p><strong>Doit-on augmenter les recettes de la S\u00e9curit\u00e9 sociale ? Par quels moyens ?<\/strong><\/p>\n<p>Le moyen le plus s\u00fbr de conforter les r\u00e9gimes sociaux est de conduire une politique \u00e9conomique dynamique cr\u00e9atrice d&#8217;emplois : nous en sommes loin aujourd&rsquo;hui, ce qui fait peser de lourdes hypoth\u00e8ques sur les finances sociales, aggrave la dette, et interdit d&rsquo;investir, en particulier dans la recherche et l&rsquo;innovation. Dois-je rappeler qu&rsquo;entre 1997 et 2002 nous avons r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9\u00e9quilibrer les comptes sociaux sans alourdir les pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires ? Les gouvernements Raffarin et de Villepin ont r\u00e9ussi l&rsquo;exploit d&rsquo;accro\u00eetre massivement la dette sociale de 60 Mds \u20ac en 5 ans, d&rsquo;augmenter les pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires, de transf\u00e9rer aux assurances compl\u00e9mentaires des charges et ce sans r\u00e9soudre le probl\u00e8me des d\u00e9ficits. L&rsquo;action que je conduirais sera \u00e9videmment l&rsquo;inverse de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait depuis 2002. Par une v\u00e9ritable mise \u00e0 plat des relations financi\u00e8res entre le Budget de l&rsquo;Etat et celui de la s\u00e9curit\u00e9 sociale et par davantage d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 de contributions entre les revenus du capital et du travail, nous devrons mettre fin \u00e0 l&rsquo;actuelle situation.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9forme Douste-Blazy, dossier m\u00e9dical personnel, franchise de 1 \u20ac\u2026 Faut-il remettre en question certains de ces \u00e9l\u00e9ments ?<\/strong> <\/p>\n<p>Le syst\u00e8me de sant\u00e9 fonctionne mal. La r\u00e9forme de 2004 a parfois aggrav\u00e9 la situation, notamment en mati\u00e8re d&rsquo;acc\u00e8s aux soins. La question de l&rsquo;euro non rembours\u00e9 est r\u00e9v\u00e9latrice d&rsquo;une approche assez m\u00e9prisante \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des assur\u00e9s et parfaitement inop\u00e9rante. Quel co\u00fbt pourtant pour la s\u00e9curit\u00e9 sociale qui a d\u00fb transformer tous ses programmes informatiques ! Quant au dossier m\u00e9dical personnel, r\u00e9forme en principe porteuse de progr\u00e8s, le gouvernement l&rsquo;a pilot\u00e9 de telle mani\u00e8re que sa mise en \u0153uvre nous expose d\u00e9j\u00e0 \u00e0 un nouvel \u00e9chec. J&rsquo;entends donc reprendre cette r\u00e9forme \u00e0 z\u00e9ro, et redonner un sens au parcours de soins en pla\u00e7ant le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste au c\u0153ur du dispositif du DMP.<\/p>\n<p><strong>Doit-on contraindre les d\u00e9penses d&rsquo;assurance maladie ?<\/strong> <\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu est de ma\u00eetriser l&rsquo;\u00e9volution des d\u00e9penses m\u00e9dicales et pas seulement celle de l&rsquo;assurance maladie. Nous savons que, dans tous les pays industrialis\u00e9s, de puissants facteurs agissent sur la d\u00e9pense, comme le vieillissement, le progr\u00e8s technique ou tout simplement la croissance d\u00e9mographique. La sant\u00e9 n&rsquo;est pas une charge mais un investissement. Le meilleur puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;\u00eatre humain. Il nous faut optimiser la prise en charge des soins. La ma\u00eetrise m\u00e9dicalis\u00e9e des d\u00e9penses de sant\u00e9 est un imp\u00e9ratif largement accept\u00e9 par les acteurs du syst\u00e8me. Nous pouvons aller plus loin que ce qui se fait actuellement. J&rsquo;ajoute que notre syst\u00e8me est co\u00fbteux parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas assez organis\u00e9, insuffisamment coordonn\u00e9 entre acteurs, pas assez rationalis\u00e9 pour ses modes de prises en charge. Les d\u00e9penses de sant\u00e9 vont augmenter et cela est naturel. Il nous faut aussi valoriser la recherche et l&rsquo;innovation et d\u00e9gager des moyens nouveaux en ce sens.<\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9velopper davantage les moyens de l&rsquo;h\u00f4pital alors que ceux de l&rsquo;assurance maladie sont limit\u00e9s ?<\/strong> <\/p>\n<p>L&rsquo;h\u00f4pital est un pilier essentiel de notre syst\u00e8me de sant\u00e9, garant de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s aux soins de qualit\u00e9. L&rsquo;h\u00f4pital doit retrouver confiance. Les enjeux de gestion y sont consid\u00e9rables ; la gestion de la p\u00e9nurie et l&rsquo;abondance de r\u00e9formes (H\u00f4pital 2007 et h\u00f4pital 2012) ne r\u00e9gleront pas les probl\u00e8mes. J&rsquo;entends remettre \u00e0 plat les r\u00e8gles du jeu qui sont aujourd&rsquo;hui impos\u00e9es contre toute logique, notamment le rythme de la convergence tarifaire et l&rsquo;application de la tarification \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9. C&rsquo;est seulement une fois les fondations consolid\u00e9es que la modernisation du fonctionnement et les enjeux de l&rsquo;avenir pourront \u00eatre abord\u00e9s. J&rsquo;entends pour cela consacrer une part importante des d\u00e9penses de sant\u00e9 pr\u00e9vues dans mon pacte pr\u00e9sidentiel \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Nous devons servir les patients et mobiliser l&rsquo;ensemble des personnels hospitaliers au quotidien ; il faut, une fois encore, du dialogue, du respect mutuel et de la volont\u00e9. L&rsquo;exemple de la gouvernance au sein de l&rsquo;h\u00f4pital, du statut des praticiens hospitaliers ou encore du malaise li\u00e9 aux conditions de travail des personnels soignants montre au contraire la surdit\u00e9 de l&rsquo;UMP. <\/p>\n<p><strong>Un tout r\u00e9cent rapport d&rsquo;enqu\u00eate sur la valorisation de la recherche d\u00e9nonce l&rsquo;inefficacit\u00e9 \u00e9conomique de la recherche publique. Partagez-vous ces conclusions ?<\/strong><\/p>\n<p>Je note que ce rapport a fait l&rsquo;objet de critiques. La recherche publique fran\u00e7aise est aujourd&rsquo;hui \u00e9touff\u00e9e financi\u00e8rement. Il faut y rem\u00e9dier d&rsquo;urgence. Je compte augmenter de 10% par an pendant cinq ans les cr\u00e9dits de la recherche publique.<\/p>\n<p><strong>Selon vous, la recherche sur les cellules souches repr\u00e9sente-t-elle un danger ?<\/strong> <\/p>\n<p>Les questions de bio\u00e9thique sont parmi les plus d\u00e9licates. La loi d&rsquo;ao\u00fbt 2004 autorise des d\u00e9rogations au principe d&rsquo;interdiction de recherche sur l&#8217;embryon dans des termes qui ne sont pas suffisamment clairs. Or, en l&rsquo;esp\u00e8ce, il est bien s\u00fbr n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9cis. Il conviendra donc d&rsquo;y revenir, au vu d&rsquo;un bilan de la loi de 2004, pour permettre le progr\u00e8s m\u00e9dical dans un cadre juridique s\u00e9curis\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;industrie pharmaceutique affirme que la politique du m\u00e9dicament men\u00e9e actuellement menace l&#8217;emploi et son implantation en France. Qu&rsquo;en pensez-vous ?<\/strong> <\/p>\n<p>La France est encore, et je m&rsquo;en f\u00e9licite, un grand pays pour les sciences de la vie et la production de m\u00e9dicaments, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la politique men\u00e9e dans les ann\u00e9es 80. Il faut s&rsquo;appuyer sur cet acquis. La politique de sant\u00e9 doit \u00eatre tourn\u00e9e vers l&rsquo;avenir : il faut d\u00e9velopper un programme ambitieux de soutien \u00e0 la recherche et \u00e0 l&rsquo;innovation en sant\u00e9, avec une politique du m\u00e9dicament soucieuse de l&rsquo;ind\u00e9pendance sanitaire et du d\u00e9veloppement de la recherche clinique. Je proposerai un pacte aux industries pharmaceutiques, de mani\u00e8re \u00e0 ce que chaque partie dispose d&rsquo;une bonne visibilit\u00e9. <\/p>\n<p><strong>Les partisans de l&rsquo;autom\u00e9dication y voient une source d&rsquo;\u00e9conomies pour l&rsquo;assurance maladie ainsi qu&rsquo;un moyen de responsabilisation des patients. En faotes-vous partie?<\/strong> <\/p>\n<p>L&rsquo;autom\u00e9dication est une pratique d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9pandue, m\u00eame si les Fran\u00e7ais y sont moins enclins que d&rsquo;autres. Dans un souci de sant\u00e9 publique, il me semble toutefois n\u00e9cessaire d&rsquo;y mettre un peu d&rsquo;ordre. Ceux qui sont \u00e0 m\u00eame de traiter seuls un probl\u00e8me b\u00e9nin doivent disposer de m\u00e9dicaments s\u00fbrs et efficaces. Les pharmaciens d&rsquo;officine doivent jouer un r\u00f4le de conseil et d&rsquo;orientation indispensable. Pour autant, l&rsquo;autom\u00e9dication ne doit pas \u00eatre un moyen habile de d\u00e9rembourser des m\u00e9dicaments dont le service m\u00e9dical est reconnu pour faire place \u00e0 une libert\u00e9 des prix p\u00e9nalisante pour les patients. J&rsquo;ajoute que je ferai en sorte de garantir \u00e0 tous nos compatriotes l&rsquo;acc\u00e8s aux m\u00e9dicaments les plus innovants.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont vos priorit\u00e9s en mati\u00e8re de pr\u00e9vention ?<\/strong> <\/p>\n<p>Il faut se mettre au travail. J&rsquo;entends d\u00e9velopper l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9 et promouvoir une information massive sur les grands enjeux de sant\u00e9 publique, fond\u00e9e sur des messages positifs. Rien ne sert en effet de se doter de plans vagues et sans moyens embrassant des priorit\u00e9s sans lendemain. Il faut aussi adapter nos organisations sur le terrain, pour que les initiatives nationales se concr\u00e9tisent. J&rsquo;associerai ainsi pleinement les m\u00e9decins, au premier rang desquels les g\u00e9n\u00e9ralistes, ainsi que les \u00e9quipes de sant\u00e9 scolaire ; enfin, je donnerai son plein essor \u00e0 la m\u00e9decine du travail. Mon objectif est de permettre \u00e0 chacun de construire sa vie en bonne sant\u00e9, \u00e0 tous les \u00e2ges. Mais il faut agir aussi sur l&rsquo;environnement, en proposant une v\u00e9ritable politique de grande envergure pour la sant\u00e9 au travail et pour notre alimentation.<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 en est-on aujourd&rsquo;hui en mati\u00e8re de protection de l&rsquo;enfance ? Que pourrait-on faire de mieux ?<\/strong> <\/p>\n<p>La France est dot\u00e9e d&rsquo;une grande tradition en ce domaine, et la prise en main des services de PMI par les conseils g\u00e9n\u00e9raux a permis, dans la plupart des cas, de consolider cet acquis. En revanche, les r\u00e9formes impuls\u00e9es par le Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur en mati\u00e8re d&rsquo;aide sociale \u00e0 l&rsquo;enfance m&rsquo;inqui\u00e8tent fortement. Je partage l&rsquo;\u00e9motion des professionnels du secteur, notamment les travailleurs sociaux qui s&rsquo;occupent au quotidien des jeunes en difficult\u00e9s et dont je veux saluer ici le formidable investissement personnel mais aussi collectif. Je constate aussi que la politique de pr\u00e9vention en direction des adolescents et jeunes adultes est pr\u00e9occupante. Nous devrons nous appuyer sur la carte sant\u00e9 jeune pour faire de la pr\u00e9vention une priorit\u00e9 des 16-25 ans. Pour ma part, j&rsquo;ai propos\u00e9 un renforcement de la sant\u00e9 scolaire et l&rsquo;acc\u00e8s aux soins soit gratuit pour tous les enfants pauvres de notre pays.<\/p>\n<p><strong>Pensez-vous qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure actuelle, la France serait arm\u00e9e pour faire face \u00e0 une crise sanitaire majeure ?<\/strong><\/p>\n<p>La France dispose d&rsquo;un atout majeur : la qualit\u00e9 de ses professionnels de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 civile. Il me semble que nous devrions conforter ces forces : l\u00e0 encore, on peut estimer qu&rsquo;une recherche publique mieux dot\u00e9e, une politique plus soutenue d&rsquo;innovation, des organisations plus coh\u00e9rentes nous manquent encore. Dans le m\u00eame temps, on voit que les grandes crises se jouent aujourd&rsquo;hui au niveau des continents : nous devons \u0153uvrer \u00e0 renforcer la coh\u00e9sion de l&rsquo;action de l&rsquo;Europe sur ces sujets, notamment par une meilleure participation de nos professionnels. Enfin, il faut aussi aider et compter sur la mobilisation de nos concitoyens pour mettre en \u0153uvre la solidarit\u00e9 de proximit\u00e9 n\u00e9cessaire lors de ces crises sanitaires.<\/p>\n<p><strong>Faut-il encore perfectionner notre syst\u00e8me de veille sanitaire ?<\/strong><\/p>\n<p>La gauche, et en particulier Bernard Kouchner, ont eu le m\u00e9rite de cr\u00e9er en quelques ann\u00e9es un syst\u00e8me complet, qui n&rsquo;existait pas, dans un domaine difficile. Mon sentiment est qu&rsquo;il faut sans doute franchir une nouvelle \u00e9tape, aupr\u00e8s d&rsquo;une construction devenue plus complexe. La mutualisation souhaitable des moyens et la transversalit\u00e9 des m\u00e9thodes pourraient conforter la s\u00fbret\u00e9 de l&rsquo;expertise. Il faut \u0153uvrer par \u00e9tapes.<\/p>\n<p>PROPOS RECUEILLIS PAR PAMELA MESSI<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un entretien avec Panorama du M\u00e9decin, \u00e0 para\u00eetre lundi 5 mars, la candidate \u00e0&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[599],"tags":[],"class_list":["post-21721","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-service-public"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21721","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21721"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21721\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21721"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21721"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21721"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}