{"id":21884,"date":"2007-09-20T15:36:00","date_gmt":"2007-09-20T13:36:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=21884"},"modified":"2007-09-20T15:36:00","modified_gmt":"2007-09-20T13:36:00","slug":"quotidien-du-medecin-du-20289","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=21884","title":{"rendered":"Quotidien du M\u00e9decin du 20 septembre 2007 : Entretien avec Pierre Faraggi, pr\u00e9sident de la CPH"},"content":{"rendered":"<p>Pierre Faraggi : \u00ab A force de vouloir trop soigner l&rsquo;h\u00f4pital, on va le tuer ! \u00bb<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident de la Conf\u00e9d\u00e9ration des praticiens des h\u00f4pitaux (CPH) refuse absolument l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00e9ni\u00e8me r\u00e9forme de l&rsquo;h\u00f4pital public. Elle conduirait au \u00ab d\u00e9sengagement \u00bb des professionnels et viderait finalement l&rsquo;institution de ses m\u00e9decins, met-il en garde.<\/p>\n<p><strong>LE QUOTIDIEN &#8211;<\/strong> Plus de trois mois apr\u00e8s son installation, on ne sait toujours pas tr\u00e8s bien o\u00f9 va le gouvernement de Fran\u00e7ois Fillon en mati\u00e8re de politique hospitali\u00e8re. Quel est votre sentiment ?<\/p>\n<p><strong>Dr PIERRE FARAGGI &#8211;<\/strong> Je serais tent\u00e9 de dire qu&rsquo;il va \u00ab dans le mur \u00bb mais, \u00e9tant r\u00e9solument optimiste, je ne le ferai pas. Toutefois, la tension budg\u00e9taire \u00e0 laquelle sont soumis nos \u00e9tablissements &#8211; ajout\u00e9e \u00e0 ce qu&rsquo;on entend dire sur les moyens qui leur seront allou\u00e9s en 2008 &#8211; est inqui\u00e9tante. Actuellement, quand les h\u00f4pitaux parviennent \u00e0 boucler leurs budgets, ils ne le peuvent que parce que de nombreux postes d&rsquo;infirmi\u00e8re ou de m\u00e9decin y sont vacants, ce qui repr\u00e9sente une source d&rsquo;\u00ab \u00e9conomie \u00bb. Cela se fait bien \u00e9videmment au d\u00e9triment du soin.<\/p>\n<p><strong>Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a \u00e9voqu\u00e9 en mai une possible \u00ab r\u00e9forme \u00bb de l&rsquo;h\u00f4pital public. Serait-ce une bonne ou une mauvaise chose ?<\/strong><\/p>\n<p>Allons-nous souffrir encore longtemps de cette succession de r\u00e9formes, chacune \u00e9tant impos\u00e9e alors que l&rsquo;autre n&rsquo;a pas fini d&rsquo;\u00eatre mise en oeuvre ? Cette stratification conduit au d\u00e9sengagement, au d\u00e9couragement. Le motif invoqu\u00e9 au printemps par Nicolas Sarkozy \u00e9tait que l&rsquo;h\u00f4pital n&rsquo;est pas gouvern\u00e9. Si l&rsquo;id\u00e9e du pr\u00e9sident est d&rsquo;aller vers plus de gouvernement administratif, vers plus de bureaucratie, alors on va construire un h\u00f4pital avec beaucoup de cadres mais. plus de m\u00e9decins !<\/p>\n<p>Pour autant, nous ne disons pas que tout est parfait. Des avanc\u00e9es incontestables peuvent \u00eatre trouv\u00e9es dans le pilotage du syst\u00e8me de soins. Et, quoi qu&rsquo;on en dise, ce n&rsquo;est pas du c\u00f4t\u00e9 des professionnels que l&rsquo;on freine sur le dossier des restructurations &#8211; pour peu qu&rsquo;elles tendent \u00e0 am\u00e9liorer la solidit\u00e9 des plateaux techniques.<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;attendez-vous de la mission Larcher ?<\/strong><\/p>\n<p>G\u00e9rard Larcher est un homme de dialogue aux comp\u00e9tences av\u00e9r\u00e9es dans le domaine hospitalier. C&rsquo;est un interlocuteur de qualit\u00e9. Si sa mission est install\u00e9e dans l&rsquo;objectif d&rsquo;avancer tr\u00e8s rapidement sur des sujets importants, s&rsquo;il s&rsquo;agit de r\u00e9fl\u00e9chir, par exemple, au moyen de rendre plus fonctionnel et plus efficace le pilotage r\u00e9gional de l&rsquo;institution (tout en se donnant des marges de manoeuvre), alors tant mieux. S&rsquo;il s&rsquo;agit de pondre une nouvelle r\u00e9forme de la gouvernance : non. A force de vouloir trop soigner ce grand corps hospitalier qui n&rsquo;est pas si malade que \u00e7a, on va le tuer.<\/p>\n<p><strong>La CPH milite de longue date pour une correction des \u00ab d\u00e9fauts \u00bb d&rsquo;H\u00f4pital 2007. Quelles sont les priorit\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n<p>De tous c\u00f4t\u00e9s me reviennent des \u00e9chos globalement n\u00e9gatifs de la nouvelle gouvernance des h\u00f4pitaux. Dans les grands centres, les CHU, la dimension \u00ab service \u00bb qui structurait jusque-l\u00e0 la disposition des soins autour du patient manque aux professionnels. Dans les \u00e9tablissements de plus petite taille, c&rsquo;est la nouvelle d\u00e9bauche de structures, le temps pass\u00e9 en r\u00e9unions. qui sont v\u00e9cus comme un g\u00e2chis. D&rsquo;autant que le r\u00e9sultat de tout ceci est extr\u00eamement mince et que, pire, la nouveaut\u00e9 correspond souvent \u00e0 des interactions qui existaient d\u00e9j\u00e0. Et puis il y a cette possibilit\u00e9 donn\u00e9e aux directeurs d&rsquo;h\u00f4pital de se comporter en \u00ab petits chefs \u00bb. Le risque de d\u00e9viance existe d\u00e9sormais alors qu&rsquo;on avait, avec la r\u00e9forme de 1991, atteint un certain \u00e9quilibre &#8211; le directeur \u00e9tait le pilote incontest\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4pital, celui qui avait les sous ; il arbitrait au bout du bout, mais sur la base d&rsquo;un projet m\u00e9dical soutenu par la CME.<\/p>\n<p><strong>Continuez-vous de vous opposer \u00e0 la part compl\u00e9mentaire variable du salaire des m\u00e9decins hospitaliers ?<\/strong><\/p>\n<p>La question de la r\u00e9mun\u00e9ration des m\u00e9decins hospitaliers &#8211; qui se d\u00e9t\u00e9riore par rapport \u00e0 celle des m\u00e9decins de ville &#8211; est complexe. Tout ce qui peut am\u00e9liorer la situation \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital nous int\u00e9resse. C&rsquo;est pourquoi, en 2004, nous n&rsquo;avons pas refus\u00e9 de signer le protocole qui instituait une part variable. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une indemnit\u00e9 compl\u00e9mentaire vers\u00e9e selon des r\u00e8gles nationales et non quantitatives est acceptable. Ce n&rsquo;est pas ce qui a \u00e9t\u00e9 finalement arr\u00eat\u00e9 en mars dernier. Raison pour laquelle nous avons fait un recours en Conseil d&rsquo;Etat. Pour ne rien arranger, la version actuelle de la part variable est horriblement technocratique.<\/p>\n<p><strong>Une r\u00e9cente enqu\u00eate sur les conditions de travail des PH (\u00ab le Quotidien \u00bb du 13 septembre) montre des m\u00e9decins hospitaliers plut\u00f4t insatisfaits professionnellement. Le v\u00e9rifiez-vous sur le terrain ?<\/strong><\/p>\n<p>Nos conditions de travail ont toujours \u00e9t\u00e9 difficiles. Mais la crise de la place du m\u00e9decin \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, de son ind\u00e9pendance professionnelle, d\u00e9valorise la fonction et en rajoute sur ce point. Je note d&rsquo;ailleurs que, dans l&rsquo;enqu\u00eate que vous citez, nombre de praticiens font \u00e9tat de difficult\u00e9s avec l&rsquo;encadrement.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;Inpadhue (qui repr\u00e9sente des m\u00e9decins dipl\u00f4m\u00e9s hors de l&rsquo;Union europ\u00e9enne) a rejoint la CPH. Pensez-vous que la France ne pourra pas se passer de m\u00e9decins \u00e9trangers dans les ann\u00e9es qui viennent ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous saluons l&rsquo;arriv\u00e9e de ces coll\u00e8gues parmi nous. Nous aurons \u00e0 coeur que, dans les conditions qui nous paraissent indispensables (validation des acquis et des comp\u00e9tences), les proc\u00e9dures avancent plus favorablement pour certains cas particuli\u00e8rement difficiles. Evidemment, \u00e9tant donn\u00e9 la situation de la d\u00e9mographie m\u00e9dicale, la France aura sans doute besoin que des m\u00e9decins \u00e9trangers puissent intervenir.<\/p>\n<p>Mais la question d\u00e9mographique se pose \u00e0 plusieurs niveaux. On va, dans les prochaines ann\u00e9es, faire face \u00e0 des situations tr\u00e8s difficiles. Prenons l&rsquo;exemple de la psychiatrie : l&rsquo;Ordre a rep\u00e9r\u00e9 cinq ou six d\u00e9partements dans lesquels il n&rsquo;y aura bient\u00f4t plus aucun psychiatre. On n&rsquo;a plus le droit de se voiler la face.<\/p>\n<p>Il va falloir mettre les mains dans le cambouis et trouver des solutions. La Cour des comptes vient d&rsquo;insister sur la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9guler les installations. Pour notre part, nous souhaitons des incitations bien construites. Et nous refusons absolument les pi\u00e8ges d&rsquo;une opposition hospitaliers-lib\u00e9raux sur ce sujet.<\/p>\n<p>PROPOS RECUEILLIS PAR KARINE PIGANEAU<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pierre Faraggi : \u00ab A force de vouloir trop soigner l&rsquo;h\u00f4pital, on va le tuer&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[598],"tags":[],"class_list":["post-21884","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21884"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21884\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}