{"id":22114,"date":"2008-03-21T12:59:00","date_gmt":"2008-03-21T11:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=22114"},"modified":"2008-03-21T12:59:00","modified_gmt":"2008-03-21T11:59:00","slug":"article-de-l-humanite-du-20-mars","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=22114","title":{"rendered":"Article de L&rsquo;Humanit\u00e9 du 20 mars 2008 : Mobilisation contre la r\u00e9tention de s\u00fbret\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Justice . Syndicats, associations et partis politiques organisent ce soir une \u00ab Nuit des libert\u00e9s publiques \u00bb \u00e0 Paris. Et r\u00e9clament l\u2019abolition de la loi Dati sur les criminels dangereux.<\/p>\n<p>M\u00eame vot\u00e9e, la loi sur la r\u00e9tention de s\u00fbret\u00e9 mobilise encore contre elle. Ce soir, \u00e0 partir de 18 h 30, les associations, syndicats et partis politiques oppos\u00e9s \u00e0 ce texte (1) organisent une \u00ab Nuit des libert\u00e9s publiques \u00bb \u00e0 la Bourse du travail de Paris (Xe). D\u00e9bats, lectures, projection d\u2019un documentaire\u2026 La manifestation, ouverte au public, est pr\u00e9vue pour durer quatre heures. Promulgu\u00e9e le 25 f\u00e9vrier dernier, la loi Dati permet, pour un temps ind\u00e9fini, l\u2019enfermement dans des centres m\u00e9dico-judiciaires de certains criminels jug\u00e9s   dangereux \u00bb \u00e0 l\u2019issue de leur peine. Au pr\u00e9alable, le Conseil constitutionnel avait quelque peu encadr\u00e9 le projet, en limitant notamment l\u2019application de cette mesure aux personnes d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9es. \u00ab Mais le principe, lui, a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 \u00bb, souligne H\u00e9l\u00e8ne Franco, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale du Syndicat de la magistrature. Avec l\u2019ensemble des organisateurs de cette soir\u00e9e, elle r\u00e9clame \u00ab l\u2019abolition \u00bb de la loi. <\/p>\n<p><strong>Entretien.<\/strong><br \/>\n<br \/>Quel est le but de cette soir\u00e9e ?<br \/>\n<br \/><strong>H\u00e9l\u00e8ne Franco<\/strong>. Informer et alerter un maximum de nos concitoyens sur les atteintes, toujours plus grandes, \u00e0 nos libert\u00e9s fondamentales. Pour le coup, la r\u00e9tention de s\u00fbret\u00e9 est une r\u00e9gression inacceptable de notre droit. Avec cette mesure, quelqu\u2019un peut rester enferm\u00e9 ind\u00e9finiment apr\u00e8s avoir purg\u00e9 sa peine et sans avoir commis une nouvelle infraction ! C\u2019est \u00e0 rebours de nos principes fondamentaux, \u00e9labor\u00e9s depuis la R\u00e9volution fran\u00e7aise. D\u00e9sormais, on peut priver une personne de sa libert\u00e9 non pas en fonction de ce qu\u2019elle a fait, mais en fonction de ce qu\u2019elle pourrait faire, de sa suppos\u00e9e \u00ab dangerosit\u00e9 \u00bb. Une notion dont la plupart des psychiatres estiment eux-m\u00eames qu\u2019elle est tr\u00e8s floue\u2026<\/p>\n<p>La censure du Conseil constitutionnel ne rend-elle pas la mesure acceptable ?<br \/>\n<br \/><strong>H\u00e9l\u00e8ne Franco<\/strong>. Non. Les sages ont, avec beaucoup de contorsions, valid\u00e9 ce principe tr\u00e8s dangereux de r\u00e9tention apr\u00e8s la peine. Ils participent \u00e0 cette id\u00e9e &#8211; illusoire &#8211; que le risque z\u00e9ro existe. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, le vote de cette loi s\u2019inscrit dans une politique p\u00e9nale de moins en moins humaniste et de plus en plus brutale. \u00c0 l\u2019image des peines planchers, on ne demande plus aux magistrats de rendre des d\u00e9cisions r\u00e9fl\u00e9chies, qui prennent en compte l\u2019humain, mais d\u2019appliquer des peines automatiquement, selon un bar\u00e8me. R\u00e9sultats, entre autres, de cette politique : l\u2019explosion des incarc\u00e9rations avec 48 000 d\u00e9tenus en 2001, contre 62 000 aujourd\u2019hui\u2026<\/p>\n<p>Comment comptez-vous mobiliser sur une loi d\u00e9j\u00e0 vot\u00e9e ?<br \/>\n<br \/><strong>H\u00e9l\u00e8ne Franco<\/strong>. On a le devoir d\u2019informer et d\u2019informer encore\u2026 Je fais le parall\u00e8le entre cette lutte et celle men\u00e9e avant 1981 contre la peine de mort. On est confront\u00e9 \u00e0 cette m\u00eame philosophie de l\u2019\u00e9limination sociale. C\u2019est donc une question de principe, face \u00e0 laquelle on ne peut pas rester ti\u00e8de : comme il n\u2019y a pas de \u00ab bonne \u00bb peine capitale, il n\u2019y a pas de \u00ab bonne \u00bb r\u00e9tention de s\u00fbret\u00e9. D\u2019autres aspects nous inqui\u00e8tent. Ainsi le gouvernement se r\u00e9f\u00e8re souvent \u00e0 l\u2019exemple allemand o\u00f9 existe une mesure proche de notre r\u00e9tention de s\u00fbret\u00e9. L\u00e0-bas, 435 personnes sont actuellement soumises \u00e0 cette mesure et nos coll\u00e8gues allemands nourrissent pas mal d\u2019inqui\u00e9tudes. Quelqu\u2019un \u00e0 qui l\u2019on a fait comprendre qu\u2019il est trop dangereux, et qui n\u2019a pas de date pr\u00e9visible de sortie, ne parvient pas \u00e0 se projeter dans une d\u00e9marche de r\u00e9insertion. Une fois entr\u00e9, en fait, il devient tr\u00e8s difficile de le faire sortir de la structure. Il est comme dans un tunnel sans lumi\u00e8re au bout.<\/p>\n<p>(1) Syndicat de la magistrature, GENEPI, FSU, UGSP-CGT, LDH, UNEF, LCR, les Verts, MRAP, PCF, Union syndicale de la psychiatrie, OIP\u2026<\/p>\n<p>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Laurent Mouloud<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Justice . 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