{"id":22178,"date":"2008-04-29T14:55:00","date_gmt":"2008-04-29T12:55:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=22178"},"modified":"2008-04-29T14:55:00","modified_gmt":"2008-04-29T12:55:00","slug":"article-du-quotidien-du-medecin-du482","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=22178","title":{"rendered":"Article du Quotidien du m\u00e9decin du 29 avril 2008 : La sant\u00e9 banalis\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent secteur d&rsquo;activit\u00e9 \u00ab \u00e0 part \u00bb, loin des r\u00e8gles du business, la sant\u00e9 semble menac\u00e9e de perdre par pans entiers son caract\u00e8re prot\u00e9g\u00e9, quasi sacr\u00e9. Avec les dossiers des m\u00e9dicaments en vente libre, de l&rsquo;assouplissement des r\u00e8gles de gestion de l&rsquo;h\u00f4pital public, de la possible embauche m\u00e9decins en CDI, des tabous tombent les uns apr\u00e8s les autres. De rapports d&rsquo;experts en usages \u00e9tablis, de campagnes publicitaires en r\u00e9formes statutaires, Hippocrate vacille sur son pi\u00e9destal. Pour le meilleur, aux yeux de certains.  <\/p>\n<p>Pour le pire, s&rsquo;inqui\u00e8tent d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>M\u00e9dicament, h\u00f4pital public ou priv\u00e9, statut des PH : la \u00ab normalit\u00e9 \u00bb rattrape la sant\u00e9 sur tous les fronts (Phanie. S. toubon\/\u00ab le quotidien \u00bb)LES COUPS DE BOUTOIR contre le statut quasi sacr\u00e9 du secteur d&rsquo;activit\u00e9 de la sant\u00e9 ne datent pas d&rsquo;hier. Ces derni\u00e8res semaines cependant, par le biais des rapports Attali et Larcher ou par celui de l&rsquo;offensive de Michel-Edouard Leclerc sur le m\u00e9dicament, ils se font particuli\u00e8rement insistants et multiplient les cibles. Revue de d\u00e9tail.<\/p>\n<p>Un secteur \u00e9conomique comme les autres?<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e commence \u00e0 s&rsquo;imposer \u2013 tout le monde l&rsquo;oubliait jusqu&rsquo;\u00e0 un pass\u00e9 r\u00e9cent \u2013 que le secteur de la sant\u00e9 est producteur de richesse. Ne serait-ce que parce que, via l&rsquo;h\u00f4pital ou l&rsquo;industrie pharmaceutique, c&rsquo;est un \u00e9norme employeur. En janvier, le rapport Attali rappelait ainsi que pr\u00e8s de 2 millions de personnes, soit environ 9 % de la population active fran\u00e7aise, travaillent dans le secteur sanitaire.<\/p>\n<p>Sur un tout autre plan, les fronti\u00e8res se brouillent et la sant\u00e9 devient un slogan r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par d&rsquo;autres fili\u00e8res. En termes de communication, Danone se donne par exemple pour \u00ab mission \u00bb d&rsquo;\u00abapporter la sant\u00e9 par l&rsquo;alimentation au plus grand nombre\u00bb.<\/p>\n<p>Les m\u00e9dicaments, des marchandises comme les autres?<\/p>\n<p>\u00abLeclerc confond m\u00e9dicaments et marchandises, pharmaciens et chefs de rayons\u00bb, accusait r\u00e9cemment l&rsquo;Ordre des pharmaciens. L&rsquo;offensive de Michel-Edouard Leclerc sur les m\u00e9dicaments a fait couler beaucoup d&rsquo;encre.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre pr\u00e9cis, le grand patron des enseignes au \u00ab L \u00bb blanc sur fond bleu, en demandant par voie de presse \u00e0 pouvoir lui aussi vendre dans ses supermarch\u00e9s des m\u00e9dicaments non rembours\u00e9s (et affirmant qu&rsquo;il les proposerait 25 % moins cher qu&rsquo;ailleurs), n&rsquo;a pas compar\u00e9 le m\u00e9dicament \u00e0 une marchandise comme les autres mais \u00e0 un produit \u00ab de luxe \u00bb \u2013 sa campagne de publicit\u00e9 pr\u00e9sentait un collier pr\u00e9cieux faits de g\u00e9lules et de comprim\u00e9s. Il n&#8217;emp\u00eache, le g\u00e9ant de la distribution s&rsquo;attaque au m\u00e9dicament comme il s&rsquo;\u00e9tait attaqu\u00e9 \u00e0 la parapharmacie dans les ann\u00e9es 1980 et, plus symbolique encore, comme il s&rsquo;\u00e9tait attaqu\u00e9 au&#8230; carburant \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. En raisonnant en termes de march\u00e9 et de monopole, il fonde bien l&rsquo;\u00e9quation suivante : \u00ab g\u00e9lules et p\u00e9trole = m\u00eame combat \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;h\u00f4pital, une entreprise comme une autre?<\/p>\n<p>\u00abJe suis convaincu de la n\u00e9cessit\u00e9 pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du service rendu du passage de l&rsquo;artisanat m\u00e9dical \u00e0 l&rsquo;industrie du soin\u00bb : le Pr Guy Vallancien, qui \u00e9crivait ces lignes l&rsquo;an dernier dans son livre \u00ab La sant\u00e9 n&rsquo;est pas un droit \u00bb, a longtemps \u00e9t\u00e9 le grand chantre de l&rsquo;h\u00f4pital-entreprise. Sans aller aussi loin que certains le souhaitaient, le rapport Larcher sur les missions de l&rsquo;h\u00f4pital public (\u00ab le Quotidien \u00bb du 14 avril), repris \u00e0 son compte par le chef de l&rsquo;Etat, enfonce plusieurs portes : il imagine des r\u00e8gles de gestion moins lourdes pour les h\u00f4pitaux publics (assouplissant notamment les proc\u00e9dures en mati\u00e8re de march\u00e9s publics, s\u00e9parant les fonctions d&rsquo;ordonnateur et de comptable, certifiant les comptes), modernise le pilotage interne des \u00e9tablissements.<\/p>\n<p>Si ce n&rsquo;est pas demain la veille que l&rsquo;h\u00f4pital public devienne une entreprise lambda, les cliniques priv\u00e9es, elles, paraissent en tout cas d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9es comme telles au moins par&#8230; les fonds de pension qui investissent des millions d&rsquo;euros dans un secteur o\u00f9 les \u00e9tablissements \u00e9taient rachet\u00e9s dans un pass\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9cent pour 1 euro symbolique (voir notre dossier dans \u00ab le Quotidien \u00bb du 24 janvier). Les laboratoires de biologie, les officines, voire les maisons ou centres pluridisciplinaires de soins \u2013 qui n&rsquo;existent m\u00eame pas encore ! \u2013 excitent aussi les app\u00e9tits des investisseurs.<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin, un salari\u00e9 comme les autres?<\/p>\n<p>C&rsquo;est une autre piste du rapport Larcher. Aux divers statuts de contractuels de droit public qui cohabitent aujourd&rsquo;hui dans les h\u00f4pitaux, elle substitue une seule modalit\u00e9 d&#8217;embauche, de droit priv\u00e9 : un CDI. En proposant ce syst\u00e8me \u2013 qu&rsquo;il souhaite optionnel \u2013, G\u00e9rard Larcher se d\u00e9fend de transformer le m\u00e9decins en banal salari\u00e9. Bien au contraire. Pour lui (\u00ab le Quotidien \u00bb du 14 avril), un contrat en bonne et due forme, une convention collective&#8230; sont des moyens de prot\u00e9ger ces praticiens. A voir&#8230; Reste que, aujourd&rsquo;hui dans les h\u00f4pitaux, en dehors de tout cadre l\u00e9gal, des m\u00e9decins se sont transform\u00e9s en \u00ab int\u00e9rimaires \u00bb presque comme les autres (\u00ab presque \u00bb parce qu&rsquo;ils se font payer tr\u00e8s cher) : c&rsquo;est la pratique du mercenariat, encourag\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es par la p\u00e9nurie de praticiens dans certaines sp\u00e9cialit\u00e9s. Il y a quelques mois, l&rsquo;un d&rsquo;entre ces mercenaires t\u00e9moignait dans nos colonnes de la mani\u00e8re dont il monnayait ses services (\u00ab le Quotidien \u00bb du 21 novembre 2006) : \u00abLe directeur d&rsquo;h\u00f4pital et le m\u00e9decin n\u00e9gocient, ils ont une relation classique de client \u00e0 vendeur\u00bb \u2013 une autre illustration de l&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de la loi de l&rsquo;offre et de la demande.<\/p>\n<p>Les patients, usagers (ou consommateurs) comme les autres?<\/p>\n<p>Le recours au terme \u00ab usagers \u00bb dans le secteur de la sant\u00e9 ne date pas d&rsquo;hier (c&rsquo;est le plan Jupp\u00e9 qui, en 1996, leur a donn\u00e9 officiellement et sous ce vocable droit de cit\u00e9 dans le secteur). Il est toutefois symptomatique que les patients et leur famille soient d\u00e9sign\u00e9s par le m\u00eame mot que celui employ\u00e9 pour \u00e9voquer les clients de la SNCF. \u00ab Userait \u00bb-on du syst\u00e8me de soins comme on prend le train ? La question, caricaturale bien s\u00fbr, se pose tout de m\u00eame quand de nombreux m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes reprochent \u00e0 leurs patients un consum\u00e9risme effr\u00e9n\u00e9, des demandes sans fin n&rsquo;ayant parfois qu&rsquo;un tr\u00e8s lointain rapport avec leur \u00e9tat de sant\u00e9. Elle est aussi soulev\u00e9e par la judiciarisation \u00e0 l&rsquo;oeuvre dans le monde de la sant\u00e9 : les \u00ab usagers \u00bb n&rsquo;h\u00e9sitent plus \u00e0 attaquer un m\u00e9decin ou un h\u00f4pital en justice s&rsquo;ils sont m\u00e9contents du \u00ab service rendu \u00bb.<\/p>\n<p>KARINE PIGANEAU<\/p>\n<p>Le savoir m\u00e9dical, tomb\u00e9 dans le Net<\/p>\n<p>Avec Internet, la science m\u00e9dicale a perdu en partie pour le profane son caract\u00e8re \u00e9sot\u00e9rique. L&rsquo;exercice a les biais et les limites que l&rsquo;on sait, il n&#8217;emp\u00eache : une autre voie est ouverte que celle de la parole du m\u00e9decin en mati\u00e8re de diagnostic, pronostic, traitement. Les cardiologues n&rsquo;ont plus le monopole du coeur, de m\u00eame que les n\u00e9phrologues n&rsquo;ont plus le monopole du rein&#8230; Accessible par mots-cl\u00e9s, par pathologie, via des forum de malades ou des points de vue de grands pontes&#8230;, la connaissance en sant\u00e9 est devenue beaucoup plus lumineuse qu&rsquo;en sciences math\u00e9matiques ou physiques. Hippocrate a perdu de son aura, mais le d\u00e9veloppement des sites qui le concernent est aussi la preuve qu&rsquo;il passionne les foules.<\/p>\n<p>http:\/\/www.quotimed.com\/documentroot\/qdm\/iss14539\/Pag114171\/QDM8363_003.pdf<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent secteur d&rsquo;activit\u00e9 \u00ab \u00e0 part \u00bb, loin des r\u00e8gles du business, la sant\u00e9&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[599],"tags":[],"class_list":["post-22178","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-service-public"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22178","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=22178"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22178\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22178"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22178"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22178"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}