{"id":22570,"date":"2008-12-03T13:21:00","date_gmt":"2008-12-03T12:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=22570"},"modified":"2008-12-03T13:21:00","modified_gmt":"2008-12-03T12:21:00","slug":"depeche-apm-du-3-decembre-2008-les","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=22570","title":{"rendered":"D\u00e9p\u00eache APM du 3 d\u00e9cembre 2008 : Les psychiatres critiquent le discours \u00e0 orientation s\u00e9curitaire de Nicolas Sarkozy"},"content":{"rendered":"<p>PARIS, 3 d\u00e9cembre 2008 (APM) &#8211; Les psychiatres sont nombreux \u00e0 r\u00e9agir aux annonces du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Nicolas Sarkozy, faites mardi sur l&rsquo;hospitalisation en psychiatrie, en critiquant une orientation s\u00e9curitaire de son discours.Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a annonc\u00e9 des mesures de renforcement de la s\u00e9curit\u00e9 dans les h\u00f4pitaux psychiatriques (plan de s\u00e9curisation de 40 millions d&rsquo;euros, cr\u00e9ation d&rsquo;unit\u00e9s ferm\u00e9es, cr\u00e9ation de 200 chambres d&rsquo;isolement, cr\u00e9ation de quatre unit\u00e9s pour malades difficiles pour 30 millions d&rsquo;euros, malades dangereux \u00e9quip\u00e9s de dispositifs de g\u00e9olocalisation) et a d\u00e9voil\u00e9 des premi\u00e8res orientations du projet de loi qui r\u00e9formera la loi du 27 juin 1990 sur les hospitalisations sous contrainte (soins sans consentement en ambulatoire, autorisation de sortie des patients d\u00e9cid\u00e9e par le pr\u00e9fet apr\u00e8s avis m\u00e9dical coll\u00e9gial) (cf d\u00e9p\u00eache APM SNLL2005).Deux annonces sont accueillies avec satisfaction, car r\u00e9pondant \u00e0 des demandes de longue date, la cr\u00e9ation de 160 lits d&rsquo;unit\u00e9s pour malades difficiles (UMD) suppl\u00e9mentaires -qui permettront de r\u00e9duire le temps d&rsquo;attente pour acc\u00e9der aux cinq structures actuelles- et la cr\u00e9ation de soins sans consentement en ambulatoire, demand\u00e9e par les acteurs de la psychiatrie dans leur document commun de d\u00e9cembre 2006 sur la r\u00e9forme de la loi du 27 juin 1990.Interrog\u00e9s par l&rsquo;APM, le pr\u00e9sident du Syndicat des psychiatres des h\u00f4pitaux (SPH), le Dr Pierre Faraggi, le pr\u00e9sident du Syndicat des psychiatres de secteur (SPS), le Dr Norbert Skurnik, le pr\u00e9sident du Syndicat des psychiatres d&rsquo;exercice public (Spep), le Dr Angelo Poli, et le Dr Jean-Charles Pascal, chef d&rsquo;un service de l&rsquo;Etablissement public de sant\u00e9 Erasme d&rsquo;Antony (Hauts-de-Seine) visit\u00e9 mardi par Nicolas Sarkozy, approuvent ces deux mesures.Les quatre psychiatres se f\u00e9licitent aussi de la port\u00e9e symbolique de la premi\u00e8re visite d&rsquo;un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique dans un h\u00f4pital psychiatrique et de l&rsquo;hommage qu&rsquo;il a rendu au travail des soignants en psychiatrie.En revanche, la tonalit\u00e9 s\u00e9curitaire du discours du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a choqu\u00e9 les psychiatres.\u00a0\u00bbCe discours est catastrophique, il a une vision exclusivement s\u00e9curitaire\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;APM Pierre Faraggi, pr\u00e9sident du SPH. \u00ab\u00a0Nous pensions que le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique parlerait de l&rsquo;organisation des soins en psychiatrie. Mais il n&rsquo;a parl\u00e9 que de fermeture dans les services, ce qui sera compl\u00e8tement contre-productif pour les patients\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bbPour s\u00e9curiser les soins, il faut des moyens humains, c&rsquo;est-\u00e0-dire des soignants pr\u00e9sents dans les service en plus grand nombre, des psychiatres et des infirmiers bien form\u00e9s. Or les moyens humains sont all\u00e9s en diminution de 10% depuis dix ans. Il faut aussi retrouver des lits d&rsquo;hospitalisation avec un taux d&rsquo;occupation de 80 \u00e0 85%, pas \u00e0 105% comme actuellement\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bbLe GPS accroch\u00e9 au patient qui sonne quand il s&rsquo;en va est une proposition tellement caricaturale. Le patient qui va mieux a besoin de retrouver une part d&rsquo;autonomie, de ne pas toujours \u00eatre sous le regard des soignants. Il y a une part de prise de risque mais il faut un environnement th\u00e9rapeutique vivant et avec des soignants.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bbNicolas Sarkozy est entr\u00e9 dans le sujet comme un \u00e9l\u00e9phant dans un magasin de porcelaine, comme un bulldozer, ce n&rsquo;est pas adapt\u00e9 \u00e0 la discipline et \u00e0 la difficult\u00e9 de ces sujets\u00a0\u00bb, conclut Pierre Faraggi.Angelo Poli d\u00e9plore un discours pr\u00f4nant un \u00ab\u00a0r\u00e9-enfermement des h\u00f4pitaux psychiatriques\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0On a l&rsquo;impression qu&rsquo;il veut reconstruire des murs \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;h\u00f4pital. Quant au bracelet \u00e9lectronique, je vois mal comment il s&rsquo;appliquerait et c&rsquo;est totalement contraire \u00e0 la logique des soins.\u00a0\u00bbM\u00eame constat pour la vid\u00e9osurveillance. \u00ab\u00a0Les patients qui arrivent d\u00e9lirants pensent \u00eatre observ\u00e9s en permanence, nous donnerions une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 leurs fantasmes.\u00a0\u00bbLe pr\u00e9sident du Spep remarque que Nicolas Sarkozy \u00ab\u00a0r\u00e9agit comme l&rsquo;homme de la rue\u00a0\u00bb en concevant une r\u00e9forme \u00ab\u00a0\u00e0 partir d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement\u00a0\u00bb. Il ajoute que les pr\u00e9fets risquent d&rsquo;accorder peu de sorties d&rsquo;essai. \u00ab\u00a0Si j&rsquo;\u00e9tais pr\u00e9fet, je ne prendrais aucun risque, je ne laisserai sortir personne.\u00a0\u00bbLe Dr Olivier Boitard, pr\u00e9sident du Comit\u00e9 d&rsquo;action syndical de la psychiatrie (CASP, regroupant huit organisations de psychiatres publics et priv\u00e9s), critique dans un communiqu\u00e9 \u00ab\u00a0la m\u00e9connaissance des r\u00e9alit\u00e9s de la psychiatrie\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bbLes malades d\u00e9crits comme &lsquo;potentiellement dangereux&rsquo; sont avant tout des patients qui ont besoin de soins et qui ne peuvent progresser que dans un climat de confiance avec une lev\u00e9e progressive des contraintes qu&rsquo;impose au d\u00e9part leur \u00e9tat de sant\u00e9. Inverser brutalement cette \u00e9volution en imposant des mesures r\u00e9pressives et en limitant les sorties d&rsquo;essai et les sorties d\u00e9finitives ne peut \u00eatre qu&rsquo;un facteur aggravant de violence le plus souvent vis \u00e0 vis d&rsquo;eux-m\u00eames et parfois envers autrui.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bbLa premi\u00e8re protection des soignants face \u00e0 un malade chez qui se d\u00e9clenche une crise d&rsquo;agressivit\u00e9 subite est la pr\u00e9sence, voire l&rsquo;intervention d&rsquo;autres patients qui ne sont pas dans un rapport conflictuel avec le personnel. Changer ce climat, c&rsquo;est instaurer un rapport de force qui ne peut engendrer (&#8230;) que davantage de violence.\u00a0\u00bbEn dehors de l&rsquo;augmentation des UMD, \u00ab\u00a0les mesures envisag\u00e9es, sans aucune concertation avec les professionnels, les repr\u00e9sentants des patients et des familles, constituent des atteintes graves \u00e0 la libert\u00e9 individuelle et aboutissent \u00e0 l&rsquo;inverse de l&rsquo;effet proclam\u00e9: l&rsquo;augmentation de la violence dans les institutions et le milieu social\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p><strong>Pas de mesure concr\u00e8te sur l\u2019attractivit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour le Dr Norbert Skurnik (SPS), \u00ab\u00a0le message politique, symbolique et soci\u00e9tal de Nicolas Sarkozy n&rsquo;est pas bon\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0En convoquant le ban et l&rsquo;arri\u00e8re-ban des psychiatres, nous pensions qu&rsquo;il y avait des espoirs mais le malentendu reste total\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bbTout ce que la psychiatrie moderne a apport\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;ouverture sur la cit\u00e9. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ne parle que de dangerosit\u00e9 et propose de tout boucler, au motif qu&rsquo;il y a un accident tous les deux ans sur une population de 600.000 personnes. On revient \u00e0 une situation d&rsquo;avant 1789 o\u00f9 tous les d\u00e9viants devaient \u00eatre enferm\u00e9s.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bbIl y a quelques malades psychiatriques probl\u00e9matiques mais, dans leur immense majorit\u00e9, les schizophr\u00e8nes sont plus victimes de violences que criminels eux-m\u00eames. Il faut les prot\u00e9ger.\u00a0\u00bbIl souligne que la liste des psychiatres et des infirmiers agress\u00e9s ou tu\u00e9s par des patients est longue mais ni les psychiatres ni les infirmiers ne demandent de mesure d&rsquo;enfermement.Norbert Skurnik rel\u00e8ve \u00e9galement que le chef de l&rsquo;Etat a mentionn\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de relancer l&rsquo;attractivit\u00e9 de la profession sans annoncer aucune mesure concr\u00e8te.Le Dr Jean-Charles Pascal fait part de ses r\u00e9actions contrast\u00e9es. \u00ab\u00a0Dans la premi\u00e8re partie de sa visite dans l&rsquo;\u00e9tablissement, Nicolas Sarkozy a montr\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait investi, sa volont\u00e9 de dialogue mais ensuite plusieurs points du discours qu&rsquo;il a prononc\u00e9 sont probl\u00e9matiques\u00a0\u00bb.Il s&rsquo;interroge sur les personnes autoris\u00e9es \u00e0 consulter le futur r\u00e9pertoire national des hospitalisations sur les hospitalisations d&rsquo;office. \u00ab\u00a0Le fichier existe d\u00e9j\u00e0, il est consultable par les directions d\u00e9partementales des affaires sanitaires et sociales et certaines Ddass s&rsquo;oppose aux demandes de consultation des pr\u00e9fets.\u00a0\u00bb La d\u00e9cision de sortie d&rsquo;essai prise coll\u00e9gialement l&rsquo;\u00e9tonne aussi, en se demandant quel serait le r\u00f4le du psychiatre lib\u00e9ral et du cadre infirmier consult\u00e9.Le Dr Pascal rel\u00e8ve aussi que plusieurs mesures \u00e9nonc\u00e9es par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sont celles demand\u00e9es par le minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur (cf d\u00e9p\u00eache APM HMLKP004) <\/p>\n<p><strong>Les psychiatres vent debout contre Nicolas Sarkozy<\/strong><\/p>\n<p>Egora &#8211; le 3 d\u00e9cembre 2008 Huit organisations de psychiatres * d\u00e9noncent les mesures annonc\u00e9es mardi par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique relatives aux hospitalisations sous contrainte, estimant qu&rsquo;elles t\u00e9moignent \u00ab d&rsquo;une m\u00e9connaissance des r\u00e9alit\u00e9s de la psychiatrie \u00bb et qu&rsquo;elles ne peuvent \u00eatre \u00ab qu&rsquo;un facteur aggravant de violence \u00bb.Dans un communiqu\u00e9, syndicats et associations rappellent que \u00ab les malades d\u00e9crits comme \u00ab potentiellement dangereux \u00bb sont avant tout des patients qui ont besoin de soins et qui ne peuvent progresser que dans un climat de confiance avec une lev\u00e9e progressive des contraintes qu&rsquo;impose au d\u00e9part leur \u00e9tat de sant\u00e9. \u00bb Ils soulignent qu&rsquo;en dehors de l&rsquo;augmentation des unit\u00e9s pour malades difficiles, les mesures envisag\u00e9es \u00ab sans aucune concertation avec les professionnels, les repr\u00e9sentants des patients et des familles, constituent des atteintes graves \u00e0 la libert\u00e9 individuelle et aboutissent \u00e0 l&rsquo;inverse de l&rsquo;effet proclam\u00e9 : l&rsquo;augmentation de la violence dans les institutions et le milieu social \u00bb.Le Syndicat des psychiatres d&rsquo;exercice public, le Syndicat des psychiatres des h\u00f4pitaux, le Syndicat des psychiatres de secteur et l&rsquo;Union syndicale de la psychiatrie ajoutent leurs voix \u00e0 la grogne g\u00e9n\u00e9rale et fustigent de leur c\u00f4t\u00e9 \u00ab une approche exclusivement s\u00e9curitaire de la psychiatrie qui appara\u00eet comme une r\u00e9gression inacceptable pour une organisation des soins qui a fait ses preuves et n&rsquo;a pas \u00e0 rougir de ses r\u00e9sultats \u00bb. Pour les Drs Marie Napoli, Norbert Skurnik, Angelo Poli et Pierre Farragi, le probl\u00e8me majeur tient \u00e0 l&rsquo;augmentation constante de l&rsquo;activit\u00e9 de psychiatrie et \u00e0 l&rsquo;\u00e9rosion de moyens. \u00ab La qualit\u00e9, l&rsquo;efficience et la s\u00e9curit\u00e9 des soins pour les usagers depuis l&rsquo;admission jusqu&rsquo;\u00e0 la sortie ne peuvent se d\u00e9cr\u00e9ter, elles reposent sur des organisations institutionnelles stables disposant de moyens et d&rsquo;effectifs suffisants, ce qui n&rsquo;est plus le cas actuellement \u00bb, proclament-ils.*Syndicat des psychiatres des h\u00f4pitaux ; Syndicat universitaire de psychiatrie ; Union syndicale de la psychiatrie ; Syndicat des psychiatres fran\u00e7ais ; Syndicat national des psychiatres priv\u00e9s ; Syndicat des m\u00e9decins psychiatres des organismes publics, semi publics et priv\u00e9s ; Association fran\u00e7aise pour la formation en psychiatrie ; Association des secteurs de psychiatrie en milieu p\u00e9nitentiaire. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PARIS, 3 d\u00e9cembre 2008 (APM) &#8211; Les psychiatres sont nombreux \u00e0 r\u00e9agir aux annonces du&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[598],"tags":[],"class_list":["post-22570","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22570","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=22570"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22570\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22570"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22570"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22570"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}