{"id":23085,"date":"2009-10-14T13:18:00","date_gmt":"2009-10-14T11:18:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=23085"},"modified":"2009-10-14T13:18:00","modified_gmt":"2009-10-14T11:18:00","slug":"article-du-monde-du-14-octobre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=23085","title":{"rendered":"Article du Monde du 14 octobre 2009 : Halte aux contrev\u00e9rit\u00e9s de la F\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;hospitalisation priv\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><strong>Des professeurs de m\u00e9decine interpellent Mme Bachelot<\/strong><\/p>\n<p>Nous nous interrogeons sur la campagne que la F\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;hospitalisation priv\u00e9e (FHP) vient de relancer contre l&rsquo;h\u00f4pital public en appelant les patients \u00e0 se faire soigner dans les cliniques priv\u00e9es \u00a0\u00bb pour sauver la S\u00e9cu \u00ab\u00a0. Nous aimerions, Madame la ministre de la sant\u00e9, conna\u00eetre votre position sur cette publicit\u00e9 \u00e0 la fois co\u00fbteuse et mensong\u00e8re.<\/p>\n<p>Co\u00fbteuse, cette campagne est en derni\u00e8re instance pay\u00e9e par les deniers de la collectivit\u00e9, dans la mesure o\u00f9 c&rsquo;est la S\u00e9curit\u00e9 sociale qui finance les cliniques priv\u00e9es commerciales. Les citoyens ont le droit de conna\u00eetre le montant de cette campagne (plusieurs centaines de milliers d&rsquo;euros, dit-on), et de savoir si cette publicit\u00e9 concurrentielle respecte les r\u00e8gles du code de sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>Cette campagne publicitaire est aussi mensong\u00e8re. Affirmer, comme le fait la FHP, que le co\u00fbt d&rsquo;une intervention en clinique priv\u00e9e est inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la m\u00eame op\u00e9ration en h\u00f4pital public rel\u00e8ve de la falsification. Si le co\u00fbt pour la S\u00e9curit\u00e9 sociale est parfois inf\u00e9rieur, c&rsquo;est parce qu&rsquo;une bonne part du s\u00e9jour en clinique priv\u00e9e est prise en charge par la mutualit\u00e9, les assurances ou le patient. Ces derniers co\u00fbts, non comptabilis\u00e9s par la FHP, concernent les d\u00e9passements d&rsquo;honoraires, le surco\u00fbt pour chambre seule, etc. Dans les calculs des co\u00fbts pour la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, c&rsquo;est \u00e9videmment l&rsquo;ensemble qu&rsquo;il faut comptabiliser et qui p\u00e8se sur la part de produit int\u00e9rieur brut consacr\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9.<\/p>\n<p>Affirmer que l&rsquo;activit\u00e9 de ces cliniques est identique \u00e0 celle d&rsquo;un h\u00f4pital public, c&rsquo;est m\u00e9conna\u00eetre totalement les charges tr\u00e8s particuli\u00e8res et tr\u00e8s lourdes de ce dernier : prise en charge de plus de 80 % des urgences, traitement de tous les cas difficiles, y compris ceux provenant des cliniques priv\u00e9es apr\u00e8s complications, infections en particulier qui rel\u00e8vent maintenant, comme vous l&rsquo;avez exig\u00e9, de centres identifi\u00e9s publics ou participant au service public. Il en va de m\u00eame pour la grippe dont vous d\u00e9finissez avec les h\u00f4pitaux publics (et non avec les cliniques priv\u00e9es) les modalit\u00e9s de prise en charge des formes graves.<\/p>\n<p>Comparer les co\u00fbts sur cinquante actes, c&rsquo;est m\u00e9conna\u00eetre tous les actes ou situations qui ne sont pris en charge que par l&rsquo;h\u00f4pital public : les pr\u00e9caires sans couverture sociale et les patients n&rsquo;ayant pas de mutuelle, les cas les plus complexes &#8211; greffes d&rsquo;organes, de moelle, neurochirurgie, accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux, r\u00e9animation n\u00e9onatale, maladies infantiles graves ou maladies orphelines, etc. La liste en est fort longue et bien sup\u00e9rieure \u00e0 cinquante. Enfin, et ce n&rsquo;est pas la derni\u00e8re des missions de l&rsquo;h\u00f4pital public lorsqu&rsquo;il est universitaire : l&rsquo;enseignement des personnels m\u00e9dicaux et param\u00e9dicaux qui, une fois form\u00e9s, permettront aux cliniques priv\u00e9es de travailler. Nous ne parlons pas non plus de la recherche, qui permet les progr\u00e8s m\u00e9dicaux, et qui est une mission d&rsquo;excel-lence des centres hospitaliers universitaires.<\/p>\n<p>Certes, nous sommes conscients de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;adapter les h\u00f4pitaux publics aux progr\u00e8s de la m\u00e9decine et \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des besoins de la population. Nous pensons qu&rsquo;une \u00e9valuation comparative des h\u00f4pitaux permettrait d&rsquo;am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des soins et leur efficience, en r\u00e9duisant l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des pratiques et l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de moyens soulign\u00e9es par le rapport de la Cour des comptes. Encore faut-il comparer des h\u00f4pitaux comparables par la taille et par les missions.<\/p>\n<p>Comme vous le savez, le mode de financement par la tarification \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 dite T2A ne permet pas d&rsquo;atteindre ces objectifs, en raison de ses nombreux biais. Fixant un pseudo-prix de march\u00e9 variant d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre, la T2A n&rsquo;est qu&rsquo;un outil grossier de r\u00e9partition ne prenant en compte ni la qualit\u00e9 des soins ni m\u00eame leur justification. Quant \u00e0 la convergence tarifaire intrasectorielle, m\u00e9langeant l&rsquo;ensemble des h\u00f4pitaux publics quelles que soient leur taille et leurs missions, et intersectorielle public\/priv\u00e9 pr\u00e9vue pour 2018, elle n&rsquo;a pas de pertinence.<\/p>\n<p>Nous sommes favorables \u00e0 toute mesure visant \u00e0 garantir l&rsquo;\u00e9gal acc\u00e8s de tous les citoyens \u00e0 des soins de qualit\u00e9, selon le respect du principe \u00a0\u00bb du juste soin au juste co\u00fbt \u00a0\u00bb et sommes tout \u00e0 fait conscients des efforts n\u00e9cessaires afin de p\u00e9renniser une m\u00e9decine de qualit\u00e9 pour un co\u00fbt optimis\u00e9, mais nous ne pouvons accepter que la r\u00e9duction en cours des effectifs hospitaliers m\u00e9dicaux et non m\u00e9dicaux serve de variable d&rsquo;ajustement \u00e0 une politique de rationnement qui ne dit pas son nom.<\/p>\n<p>Votre silence, Madame la ministre, sur la campagne men\u00e9e par la FHP contre l&rsquo;h\u00f4pital public inqui\u00e8te notre communaut\u00e9 hospitali\u00e8re. Les professionnels hospitaliers se demandent si vous la condamnez ou si au contraire vous l&rsquo;approuvez. Exprime-t-elle haut et fort l&rsquo;orientation voil\u00e9e de votre politique ? Souhaitez-vous le renforcement du priv\u00e9 commercial et l&rsquo;affaiblissement du service public hospitalier, dont le nom m\u00eame ne figure plus dans la loi h\u00f4pital, patients, sant\u00e9 et territoires (HPST) ? Nous aimerions, Madame la ministre, vous rencontrer pour conna\u00eetre vos r\u00e9ponses \u00e0 ces questions. <\/p>\n<p>Marie-Germaine Bousser Dominique Chauveau Pierre Coriat Alain Fischer Ren\u00e9 Frydmann Andr\u00e9 Grimaldi Eric Hachulla Serge Halimi Martine Laville Olivier Lyon-Caen Jean-Paul Marie Dominique Musset Jos\u00e9-Alain Sahel Laurent Sedel Antoine Tabarin Jean-Paul Vernant Bernard Vialettes <\/p>\n<p>Ce texte, adress\u00e9 \u00e0 Roselyne Bachelot, ministre de la sant\u00e9, a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par soixante professeurs de m\u00e9decine.<\/p>\n<p>La liste compl\u00e8te des signataires peut \u00eatre consult\u00e9e sur le site www.mdhp.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des professeurs de m\u00e9decine interpellent Mme Bachelot Nous nous interrogeons sur la campagne que la&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[598],"tags":[],"class_list":["post-23085","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23085","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23085"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23085\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23085"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23085"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23085"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}