{"id":23256,"date":"2010-01-29T11:37:00","date_gmt":"2010-01-29T10:37:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=23256"},"modified":"2010-01-29T11:37:00","modified_gmt":"2010-01-29T10:37:00","slug":"article-du-journal-international","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=23256","title":{"rendered":"Article du Journal International de M\u00e9decine du 29 janvier 2010 : Criminels n\u00e9s ?"},"content":{"rendered":"<p><em>R\u00e9cidive du raccourci : le d\u00e9pistage pr\u00e9coce scientifique des futurs d\u00e9linquants !!! Par la neuro-imagerie. Tout le monde appr\u00e9ciera la pr\u00e9cision de la notion de \u00absensibilisation amoindrie au sentiment de peur\u00bb vers l\u2019\u00e2ge de 3 ans associ\u00e9e \u00e0 une criminalit\u00e9 accrue 20 ans plus tard !!!<\/p>\n<p>L\u2019amygdale je vous dis !! L\u2019amygdale !!! Voici donc le nouveau credo des nouveaux diafoirus.<\/p>\n<p>A quand un scanner syst\u00e9matique des gosses de 3 ans et de leur amygdale (pas celles qu&rsquo;on a dans la gorge, celles du cerveau) ? Et \u00e0 quand un d\u00e9marche scientifique qui inclue syst\u00e9matiquement une r\u00e9flexion sur les cons\u00e9quences et risques socio-politiques de chaque d\u00e9couvertes ?<\/p>\n<p>Sans oublier l\u2019impact sur le cerveau des d\u00e9rives s\u00e9curitaires&#8230;<\/em><\/p>\n<p>JIM, 29 janvier 2010<br \/>\n<br \/>Comme le montrent \u00e0 l\u2019envi romans et films policiers, le r\u00f4le de l\u2019environnement psycho-social est reconnu depuis longtemps en mati\u00e8re de criminalit\u00e9. Mais \u00e0 la faveur des progr\u00e8s techniques (en particulier dans l\u2019imagerie c\u00e9r\u00e9brale), des travaux \u00e9clairent aussi d\u00e9sormais certaines \u00ab bases neurobiologiques \u00bb de ce domaine.<\/p>\n<p>Selon <em>The American Journal of Psychiatry<\/em>, une dimension organique serait ainsi \u00e0 consid\u00e9rer dans le d\u00e9terminisme des comportements d\u00e9linquants. En exploitant une \u00e9tude longitudinale commenc\u00e9e depuis plus de vingt ans, des recherches ont \u00e9tabli qu\u2019une sensibilisation amoindrie au sentiment de peur (poor fear conditioning) dans l\u2019enfance (vers l\u2019\u00e2ge de 3 ans) est associ\u00e9e \u00e0 une criminalit\u00e9 accrue, vingt ans plus tard. Ce lien s\u2019expliquerait par l\u2019implication physiologique de l\u2019amygdale dans la perception de la peur : un dysfonctionnement de cette structure c\u00e9r\u00e9brale emp\u00eacherait de reconna\u00eetre le danger et favoriserait alors des comportements \u00ab plut\u00f4t intr\u00e9pides \u00bb (relatively fearless). D\u2019o\u00f9 l\u2019installation d\u2019un cercle vicieux : moins le sujet serait sensible aux cons\u00e9quences n\u00e9gatives de ses actes, et plus il risquerait de s\u2019engager dans des conduites d\u00e9lictueuses, en l\u2019absence de frein o\u00f9 \u00ab la peur du gendarme \u00bb ne serait plus \u00ab le d\u00e9but de la sagesse \u00bb.<\/p>\n<p>Chez l\u2019adulte comme chez l\u2019adolescent, plusieurs travaux (s\u2019appuyant notamment sur l\u2019apport de la neuro-imagerie fonctionnelle) ont confirm\u00e9 cette relation entre un dysfonctionnement amygdalien pr\u00e9coce et une inclination ult\u00e9rieure aux comportements anti-sociaux. \u00c0 l\u2019inverse, une r\u00e9activit\u00e9 accrue de l\u2019amygdale est retrouv\u00e9e dans les troubles anxieux, et ce ph\u00e9nom\u00e8ne semble constituer la base d\u2019un conditionnement \u00e0 une peur excessive.<br \/>\nReposant largement sur les \u00e9tudes de neuro-imagerie, ces travaux sugg\u00e8rent l\u2019implication probable de l\u2019amygdale dans le d\u00e9clenchement des comportements antisociaux et illustrent \u00ab la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte tout l\u2019\u00e9ventail des facteurs pathog\u00e9niques possibles \u00bb pour \u00e9tablir \u00ab une compr\u00e9hension plus compl\u00e8te du comportement antisocial \u00bb. Apr\u00e8s l\u2019hypoth\u00e8se contest\u00e9e d\u2019un \u00ab chromosome du crime \u00bb dans les ann\u00e9es 1960, serait-ce un retour partiel \u00e0 la conception d\u2019une criminalit\u00e9 inn\u00e9e ?<\/p>\n<p> Dr Alain Cohen<\/p>\n<p>Philipp Sterzer : Born to be criminal ? What to make of early biological risk factors for criminal behavior. <em>Am J Psychiatry<\/em>, 2009 ; 167 : 1-3.<\/p>\n<p>Copyright \u00a9 http:\/\/www.jim.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9cidive du raccourci : le d\u00e9pistage pr\u00e9coce scientifique des futurs d\u00e9linquants !!! 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