{"id":23417,"date":"2010-03-27T11:40:00","date_gmt":"2010-03-27T10:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=23417"},"modified":"2010-03-27T11:40:00","modified_gmt":"2010-03-27T10:40:00","slug":"l-objectif-assigne-a-la","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=23417","title":{"rendered":"L&rsquo;objectif assign\u00e9 \u00e0 la psychiatrie publique : le \u00abrisque z\u00e9ro\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>http:\/\/philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com\/ext\/http:\/\/www.ldh-toulon.net\/spip.php?article3800 <\/p>\n<p>article de la rubrique Big Brother > psychiatrie<br \/>\ndate de publication : mercredi 24 mars 2010 <\/p>\n<p>A l\u2019aff\u00fbt du \u201cfait divers\u201d le plus insupportable, les responsables politiques nous mart\u00e8lent le discours s\u00e9curitaire \u00e0 longueur d\u2019onde. Il s\u2019agit de nous convaincre que le \u201cmalade mental est dangereux\u201d et qu\u2019il importe avant tout d\u2019en prot\u00e9ger la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\n<br \/>Une r\u00e9forme de la psychiatrie publique sera pr\u00e9sent\u00e9e dans les prochaines semaines en Conseil des ministres [1]. Elle devrait ent\u00e9riner la plupart des mesures annonc\u00e9es par Nicolas Sarkozy lors de son intervention \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019Antony, le 2 d\u00e9cembre 2008.<br \/>\n<br \/>Dans un entretien r\u00e9cent [2], Roselyne Bachelot pr\u00e9cise : \u00ab Divers \u00e9v\u00e9nements dramatiques survenus ces derniers temps attestent la n\u00e9cessit\u00e9 de mieux encadrer les sorties des \u00e9tablissements de sant\u00e9 et d\u2019am\u00e9liorer la veille concernant certains patients susceptibles de pr\u00e9senter un danger pour autrui ou pour eux-m\u00eames \u00bb. La circulaire adress\u00e9e aux pr\u00e9fets, le 11 janvier 2010, par les ministres de l\u2019Int\u00e9rieur et de la Sant\u00e9 [3], montre la voie : concernant l\u2019octroi de sorties d\u2019essai pour des hospitalis\u00e9s d\u2019office en psychiatrie, la d\u00e9cision est prise par le pr\u00e9fet, \u00ab sur proposition \u00e9crite et motiv\u00e9e d\u2019un psychiatre de l\u2019\u00e9tablissement \u00bb, en fonction de la dangerosit\u00e9 suppos\u00e9e des individus.<br \/>\n<br \/>La s\u00e9curit\u00e9 publique prime sur l\u2019avis m\u00e9dical. Ce qui incite le sociologue Laurent Mucchielli \u00e0 demander si les psychiatres sont \u00ab plac\u00e9s sous surveillance des pr\u00e9fets  \u00bb [4].<br \/>\n<br \/>Ci-dessous, apr\u00e8s quelques t\u00e9moignages, un article fait le point sur les projets du gouvernement.<\/p>\n<p><strong>Enqu\u00eate au coeur de l\u2019univers psychiatrique<\/strong><br \/>\n<br \/>par Luc Leroux, La Provence, 17 mars 2010<\/p>\n<p>La schizophr\u00e9nie frappe 1% de la population. La Semaine d\u2019information sur la sant\u00e9 mentale vise \u00e0 combattre \u00ab\u00a0la double peine\u00a0\u00bb qui frappe les malades mentaux : une pathologie avec laquelle il faut vivre et le rejet par la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\n<br \/>Mourir frapp\u00e9 par la foudre et mourir attaqu\u00e9 par un inconnu souffrant de schizophr\u00e9nie pr\u00e9sentent, grosso modo, la m\u00eame probabilit\u00e9 : un risque sur dix millions ! La Semaine d\u2019information en sant\u00e9 mentale tourne, cette ann\u00e9e, autour du regard que la soci\u00e9t\u00e9 porte sur ses \u00ab\u00a0fous\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Accepter les diff\u00e9rences, \u00e7a vaut aussi pour les troubles psychiques\u00a0\u00bb.<br \/>\n<br \/>Patients, parents, m\u00e9decins vont, partout en France &#8211; \u00e0 Marseille, un colloque \u00ab\u00a0Folies et M\u00e9dias\u00a0\u00bb se poursuit aujourd\u2019hui -, participer \u00e0 une campagne de \u00ab\u00a0d\u00e9stigmatisation\u00a0\u00bb de la maladie mentale. De r\u00e9cents faits divers retentissants ont fait du schizophr\u00e8ne meurtrier l\u2019arch\u00e9type du danger qui menacerait notre soci\u00e9t\u00e9. \u00ab\u00a0Les questions de la folie et de la maladie mentale ne sont plus trait\u00e9es que comme des faits divers\u00a0\u00bb, regrettent les m\u00e9decins.<br \/>\n<br \/>Les psychotiques que nous avons rencontr\u00e9s, en milieu ferm\u00e9 au pavillon 10 de l\u2019h\u00f4pital \u00c9douard-Toulouse \u00e0 Marseille, ou bien ceux vivant cahin-caha dans la ville, t\u00e9moignent tous de cette \u00ab\u00a0double peine\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle ils sont assujettis : la maladie et le rejet. Ils assurent en souffrir. \u00ab\u00a0Je ne suis pas n\u00e9 avec la maladie\u00a0\u00bb, se d\u00e9fend ainsi David, 32 ans, qui souffre d\u2019une pathologie relevant \u00ab\u00a0du domaine de la schizophr\u00e9nie\u00a0\u00bb. Et la seule violence que ce jeune Ch\u2019ti venu \u00e0 Marseille pour se noyer dans la foule d\u2019une grande ville exerce, c\u2019est contre lui-m\u00eame. \u00ab\u00a0Je me mutilais le visage, les bras, je me suis fais beaucoup de mal. Maintenant, j\u2019ai un bon traitement.\u00a0\u00bb<br \/>\nEn France et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger,des enqu\u00eates montrent que les malades sont plus souvent victimes qu\u2019auteurs de crimes. Un patient souffrant de schizophr\u00e9nie a ainsi trois fois plus de risque d\u2019\u00eatre victime d\u2019une agression violente qu\u2019un individu appartenant \u00e0 la population g\u00e9n\u00e9rale. Et parmi les dix mille suicid\u00e9s recens\u00e9s chaque ann\u00e9e en France, 90% pr\u00e9sentaient des troubles mentaux. Pour les malades, le risque de suicide est douze fois plus \u00e9lev\u00e9.<br \/>\n<br \/>\u00ab\u00a0C\u2019est le dernier tabou \u00e0 lever dans notre soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, consid\u00e8re le Dr Dolores Lina Torres, psychiatre, chef de secteur au centre hospitalier \u00c9douard-Toulouse. Son service prend en charge plus de 1200 patients dont vingt-six \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Avec une perspective : offrir au patient le confort maximal pour qu\u2019il puisse vivre avec sa maladie, l\u2019aider \u00e0 conserver son travail lorsque c\u2019est possible. La schizophr\u00e9nie touche 1% de la population et frappe aveugl\u00e9ment toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\n<br \/>Le plus dur est d\u2019accepter la maladie mentale, surtout \u00e0 vingt ans, cette p\u00e9riode de la vie ouverte sur l\u2019avenir d\u2019o\u00f9 la maladie semble exclue. Comment expliquer les angoisses ravageuses et les souffrances majeures que vivent les patients atteints de formes s\u00e9v\u00e8res ? Il faut, selon les sp\u00e9cialistes, s\u2019imaginer confront\u00e9 en permanence \u00e0 une situation de risque de mort imminente.<\/p>\n<p><strong>Paroles de malades : \u00abOn souffre, il ne faut pas que les gens aient peur\u00bb<\/strong><br \/>\n<br \/>Assis au soleil \u00e0 fumer une cigarette sur la terrasse du pavillon 10, ou dans les canap\u00e9s de la salle t\u00e9l\u00e9, ils parlent de leur maladie.<br \/>\n<strong><br \/>\nAntoine, 53 ans<\/strong><br \/>\n<br \/>\u00ab Je suis parano\u00efaque, j\u2019ai des pathologies lourdes \u00e0 cause d\u2019une enfance malheureuse. Mon p\u00e8re, policier, \u00e9tait alcoolique, ma m\u00e8re me tapait dessus. Il n\u2019y a pas de secret. Mais il n\u2019y a pas de honte \u00e0 \u00eatre malade mental, c\u2019est la nature qui est responsable. On vit dans un monde \u00e0 part, fait de chim\u00e8res qu\u2019on a cr\u00e9\u00e9es. Les malades souffrent, ils ont des angoisses, des id\u00e9es fixes. Mais il ne faut pas que les gens aient peur, tous ne sont pas agressifs et l\u2019agressivit\u00e9 n\u2019est pas faite expr\u00e8s. Ici, j\u2019ai mes compagnons, il y a beaucoup de solidarit\u00e9, d\u2019affection. Monsieur le journaliste, il faut que les lecteurs soient au courant car c\u2019est un sujet tabou. \u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00c9ric, 36 ans<\/strong><br \/>\n<br \/>\u00ab Moi, je suis schizophr\u00e8ne parano. Je suis all\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital la premi\u00e8re fois \u00e0 19 ans, j\u2019avais peur de mourir. Quand je suis tomb\u00e9 malade, je ne comprenais plus rien, je me sentais quelqu\u2019un d\u2019autre, de plus fort\u2026 C\u2019\u00e9tait \u00e0 cause du shit et de l\u2019alcool. \u00c7a me faisait dire : \u00ab\u00a0Moi, je suis moi, arr\u00eatez de dire que je suis quelqu\u2019un d\u2019autre.\u00a0\u00bb J\u2019ai voulu planter mon fr\u00e8re avec un couteau mais je me suis dit : \u00ab\u00a0Si je le fais, ce serait con et en plus, j\u2019aurais plus de fr\u00e8re.\u00a0\u00bb En arrivant ici, je voulais tout casser, j\u2019ai fait des conneries que je voulais pas. J\u2019ai d\u00e9mont\u00e9 la porte du pavillon 11 mais quand on se sent poss\u00e9d\u00e9 par une force qui veut qu\u2019on boive du caf\u00e9, on arrive \u00e0 le faire. Ici, au d\u00e9but, on s\u2019ennuie, on a envie de partir. Apr\u00e8s, on ne voit plus le temps passer car on est habitu\u00e9 \u00e0 attendre. On prend patience et on fume car on n\u2019a que \u00e7a \u00e0 faire. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric, 35 ans<\/strong><br \/>\n<br \/>\u00ab Il y a quatre mois, j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 revenir, j\u2019\u00e9tais pas bien chez moi. Je pr\u00e9f\u00e9rais l\u2019h\u00f4pital, sinon c\u2019\u00e9tait l\u2019Unit\u00e9 pour malades difficiles o\u00f9, l\u00e0, c\u2019est tr\u00e8s ferm\u00e9, quelque chose d\u2019assez costaud. La maladie, \u00e7a cr\u00e9e un vide, beaucoup de col\u00e8re. Quand \u00e7a vient, \u00e7a me contrarie, mais pour passer \u00e0 l\u2019acte, faut vraiment qu\u2019on ait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame. En tout, j\u2019ai pass\u00e9 six ans \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, avec des chutes et des rechutes. Mon probl\u00e8me, c\u2019est l\u2019impulsivit\u00e9, j\u2019\u00e9vite les affrontements. Quand vous avez une \u00e9tiquette psy, vous n\u2019\u00eates plus un citoyen comme les autres, mais per\u00e7u comme quelqu\u2019un qui a apport\u00e9 du danger \u00e0 autrui. Quand on est pass\u00e9 par la psychiatrie, on n\u2019a plus le droit \u00e0 l\u2019erreur. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Encore une loi s\u00e9curitaire pour la psychiatrie<\/strong><br \/>\npar Martin Terrier, Bastamag [5], 11 mars 2010<\/p>\n<p>Le gouvernement va pr\u00e9senter tr\u00e8s prochainement une large r\u00e9forme de la psychiatrie publique. Une circulaire accroit notamment le pouvoir du pr\u00e9fet sur des d\u00e9cisions d\u2019ordre m\u00e9dical, au d\u00e9triment du personnel de sant\u00e9. Un pas de plus dans une logique s\u00e9curitaire, au m\u00e9pris du soin.<br \/>\n<br \/>Une r\u00e9forme de la psychiatrie publique sera pr\u00e9sent\u00e9e dans les prochaines semaines en Conseil des ministres [6]. Elle devrait ent\u00e9riner la plupart des mesures \u00e9nonc\u00e9es par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique lors de son intervention \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019Antony, le 2 d\u00e9cembre 2008. Un discours prononc\u00e9 apr\u00e8s un fait divers tragique : un patient schizophr\u00e8ne, hospitalis\u00e9 d\u2019office dans l\u2019\u00e9tablissement de Saint-Egr\u00e8ve, pr\u00e8s de Grenoble, s\u2019enfuit et agresse mortellement un passant. Les mesures propos\u00e9es sont essentiellement coercitives : ouverture de quatre Unit\u00e9s pour malades difficiles (UMD) suppl\u00e9mentaires, renforcement des conditions de s\u00e9curit\u00e9 dans les \u00e9tablissements existants, cr\u00e9ation de centaines de lits s\u00e9curis\u00e9s et durcissement des conditions d\u2019application des sorties d\u2019essai. Figure \u00e9galement un temps initial d\u2019hospitalisation limit\u00e9 \u00e0 72 heures &#8211; telle une garde \u00e0 vue d\u2019\u00e9valuation sanitaire &#8211; ou encore la proc\u00e9dure pour le moins improbable de \u00ab soins ambulatoires sans consentement \u00bb.<\/p>\n<p>Quand le pr\u00e9fet d\u00e9cide des sorties de l\u2019h\u00f4pital<br \/>\n<br \/>Cette r\u00e9forme \u00e0 venir est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 introduite par des d\u00e9cisions et textes annexes. Elle est une refonte de la loi relative aux droits et \u00e0 la protection des personnes hospitalis\u00e9es en raison de troubles mentaux et \u00e0 leurs conditions d\u2019hospitalisation [7]. Les budgets publics envisag\u00e9s en d\u00e9cembre 2008 aux fins de la construction de nouvelles UMD ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dit\u00e9s d\u00e8s d\u00e9but 2009. Quant aux l\u00e9gislations pr\u00e9alables, la circulaire du Code de la sant\u00e9 publique parue le 11 janvier dernier donne d\u2019embl\u00e9e le ton.<br \/>\n<br \/>De quoi s\u2019agit-il ? Le Code la sant\u00e9 publique (article L3211-11) d\u00e9finit les conditions des sorties d\u2019essai dont peuvent b\u00e9n\u00e9ficier les patients hospitalis\u00e9s sous contrainte (hospitalisation d\u2019office ou hospitalisation \u00e0 la demande d\u2019un tiers). Cette sortie d\u2019essai constitue un outil m\u00e9dico-social majeur pour les \u00e9quipes soignantes : c\u2019est le moyen le plus pertinent pour \u00e9valuer progressivement l\u2019am\u00e9lioration de la sant\u00e9 du patient et ses potentialit\u00e9s de retour graduel \u00e0 la vie sociale. Mais les conditions d\u2019application de ces sorties d\u2019essai viennent donc d\u2019\u00eatre largement restreintes dans une circulaire sign\u00e9e conjointement par Brice Hortefeux, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, et Roselyne Bachelot, ministre de la Sant\u00e9. Une d\u00e9cision qui subordonne comme jamais la sant\u00e9 publique \u00e0 une dynamique s\u00e9curitaire.<br \/>\n<br \/>Le psychiatre qui fait la demande d\u2019une sortie d\u2019essai est appel\u00e9 \u00e0 argumenter sa requ\u00eate avec force d\u00e9tails. Et la d\u00e9cision restera du seul ressort du Pr\u00e9fet qui dispose au minimum de 72 heures pour rendre avis. Il est invit\u00e9 dans ledit texte \u00e0 \u00ab appr\u00e9cier les \u00e9ventuelles cons\u00e9quences en termes d\u2019ordre et de s\u00e9curit\u00e9 publics \u00bb et \u00e0 \u00ab \u00e9valuer au regard d\u2019\u00e9l\u00e9ments pr\u00e9cis et objectifs les cons\u00e9quences \u00e9ventuelles de la mesure \u00bb. Autant dire une forte responsabilisation, sinon une pression politico-l\u00e9gislative, qui risque fort de dissuader nombre de pr\u00e9fets d\u2019accorder la sortie sollicit\u00e9e. Ce qui entra\u00eenera un cort\u00e8ge d\u2019effets d\u00e9sastreux : engorgement de services d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9s et r\u00e9duction de l\u2019offre de soins, rupture de contrat th\u00e9rapeutique, r\u00e9signation des \u00e9quipes et des patients devant des projets avort\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p>Pas de recours possible pour le personne m\u00e9dical<br \/>\n<br \/>On comprend mieux encore le caract\u00e8re r\u00e9gressif et liberticide de la m\u00eame circulaire \u00e0 la lecture de cette pr\u00e9cision : \u00ab Au regard de la jurisprudence administrative actuelle la sortie d\u2019essai constitue une mesure relevant du traitement hospitalis\u00e9. Son acceptation ou son refus ne constitue pas une d\u00e9cision susceptible de faire l\u2019objet d\u2019un recours pour exc\u00e8s de pouvoir. Un recours dirig\u00e9 contre elle est donc irrecevable \u00bb. En clair, l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale ne pourra contester un \u00e9ventuel refus du pr\u00e9fet d\u2019autoriser une sortie d\u2019essai, encore moins le patient (qui garde cependant le droit de faire appel \u00e0 son hospitalisation). Pour le psychiatre Pierre-Yves Dennielou, il y a donc bien un \u00ab exc\u00e8s de pouvoir potentiel \u00bb contre des citoyens qui seront demain \u00ab retenus par ces d\u00e9cisions sans recours \u00bb [8]. L\u2019administration pr\u00e9fectorale devient donc partiellement juge du type de traitement dont peut b\u00e9n\u00e9ficier un patient. Une pente excessivement dangereuse.<br \/>\n<br \/>Une m\u00eame et vive inqui\u00e9tude est ressentie par la grande majorit\u00e9 des professionnels. Le Collectif psychiatrie via le Groupe des 39, initiateur l\u2019an dernier de l\u2019appel contre la \u00ab nuit s\u00e9curitaire \u00bb, tente de f\u00e9d\u00e9rer ces r\u00e9actions. \u00ab Par la r\u00e9daction de cette circulaire, l\u2019Etat stigmatise les \u00e9quipes de soin, jug\u00e9es laxistes ou incomp\u00e9tentes, s\u2019autorise \u00e0 restreindre les droits des patients et poursuit le chemin de leur s\u00e9gr\u00e9gation \u00bb, d\u00e9nonce un communiqu\u00e9 de \u00ab L\u2019appel des 39 \u00bb. 30.000 signatures ont \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9es jusqu\u2019ici, mais sans qu\u2019elles puissent infl\u00e9chir une politique s\u00e9curitaire comme jamais la psychiatrie publique n\u2019en a connue. Quelle r\u00e9gression en effet que de devoir rappeler, comme ne cesse de le faire aujourd\u2019hui Guy Baillon, psychiatre et figure tut\u00e9laire du secteur psychiatrique, que \u00ab ni les lois, ni les murs ne soignent la folie, ce sont les hommes \u00bb [9] : ce qui \u00e9tait devenu une \u00e9vidence pour tous depuis des d\u00e9cennies ne l\u2019est plus.<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><br \/>\n<br \/>[1] Voir la pr\u00e9sentation de Guy Baillon : http:\/\/www.mediapart.fr\/club\/edition\/contes-de-la-folie-ordinaire\/article\/040310\/un-pays-se-juge-la-place-qu-il-promet-de-do<br \/>\n<br \/>[2] Soins Psychiatrie, Vol 31, N\u00b0 267 &#8211; mars-avril 2010 : http:\/\/www.em-consulte.com\/article\/246807<br \/>\n<br \/>[3] La circulaire du 11 janvier_2010 :<br \/>\n<br \/>\u2022 t\u00e9l\u00e9chargement : http:\/\/www.cgtlaborit.fr\/UserFiles\/File\/Circulaire_11_janvier_2010_HO_sorties.pdf,<br \/>\n<br \/>\u2022 pr\u00e9sentation par Pierre-Yves Dennielou, le 2 f\u00e9vrier 2010 : http:\/\/www.mediapart.fr\/club\/blog\/pierre-yves-dennielou\/020210\/une-psychiatrie-sans-democratie,<br \/>\n<br \/>\u2022 <a href=\"http:\/\/www.uspsy.fr\/IMG\/pdf\/Communique_de_l_USP_Paranoia_securitaire_3_fevrier_2010.pdf\">communiqu\u00e9<\/a> du 3 f\u00e9vrier 2010 de l\u2019Union syndicale de la psychiatrie : \u00ab Parano\u00efa s\u00e9curitaire \u00bb.<br \/>\n<br \/>[4] Lire sur le <a href=\"http:\/\/www.laurent-mucchielli.org\/index.php?post\/2010\/03\/23\/La-psychiatrie-plac%C3%A9e-sous-surveillance-des-pr%C3%A9fets\">site<\/a> de Laurent Mucchielli : Les psychiatres plac\u00e9s sous surveillance des pr\u00e9fets ?.<br \/>\n<br \/>[5] Article repris sous licence Creative Commons.<br \/>\n<br \/>[6] Dans un volet sp\u00e9cifique hors la loi cadre \u00ab H\u00f4pital, patients, sant\u00e9 et territoires \u00bb.<br \/>\n<br \/>[7] Loi n\u00b090-527 du 27 juin 1990 relative aux droits et \u00e0 la protection des personnes hospitalis\u00e9es en raison de troubles mentaux et \u00e0 leurs conditions d\u2019hospitalisation : http:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006076063&#038;dateTexte=20100323<br \/>\n<br \/>[8] Mediapart, le 2 f\u00e9vrier 2010 : http:\/\/www.mediapart.fr\/club\/blog\/pierre-yves-dennielou\/020210\/une-psychiatrie-sans-democratie<br \/>\n<br \/>[9] Mediapart, 19 f\u00e9vrier 2010 : http:\/\/www.mediapart.fr\/club\/edition\/contes-de-la-folie-ordinaire\/article\/050210\/une-psychiatrie-sans-liberte<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>http:\/\/philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com\/ext\/http:\/\/www.ldh-toulon.net\/spip.php?article3800 article de la rubrique Big Brother > psychiatrie date de publication : mercredi 24&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[598],"tags":[],"class_list":["post-23417","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23417","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23417"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23417\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23417"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23417"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23417"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}