{"id":24033,"date":"2011-05-11T14:06:00","date_gmt":"2011-05-11T12:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=24033"},"modified":"2011-05-11T14:06:00","modified_gmt":"2011-05-11T12:06:00","slug":"article-du-figaro-fr-du-11-mai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=24033","title":{"rendered":"Article du Figaro.fr du 11 mai 2011 : Psychiatrie : pol\u00e9mique sur l&rsquo;obligation de soin"},"content":{"rendered":"<p>Les s\u00e9nateurs examinaient ces jours-ci le projet de loi sur l&rsquo;obligation de soins en cas de troubles psychiatriques. Un projet vivement d\u00e9cri\u00e9 par la profession.<\/p>\n<p>Le projet de loi sur l&rsquo;hospitalisation d&rsquo;office continue de faire parler de lui. D\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9 par les d\u00e9put\u00e9s en mars, il \u00e9tait examin\u00e9 au S\u00e9nat mardi et mercredi, sous l&rsquo;\u0153il critique des syndicats de psychiatres, dont une partie a manifest\u00e9 mardi devant le Palais du Luxembourg pour marquer son d\u00e9saccord. Le texte, voulu par Nicolas Sarkozy apr\u00e8s le meurtre d&rsquo;un \u00e9tudiant grenoblois par un malade \u00e9chapp\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4pital, est controvers\u00e9 tant chez les professionnels que chez les politiques.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de ce texte, la possibilit\u00e9 nouvelle d&rsquo;imposer des soins psychiatriques \u00e0 un malade sans l&rsquo;enfermer \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Les personnes concern\u00e9es ne sont pas en mesure de comprendre qu&rsquo;elles ont besoin d&rsquo;\u00eatre soign\u00e9s, sans pour autant avoir besoin d&rsquo;\u00eatre hospitalis\u00e9es, soit parce qu&rsquo;ils sont bien entour\u00e9s par leurs proches soit parce qu&rsquo;ils ne repr\u00e9sentent pas de danger pour eux-m\u00eames ou pour autrui sous traitement. Ils peuvent par exemple souffrir de certains troubles de l&rsquo;humeur, de d\u00e9pression ou de schizophr\u00e9nie. <\/p>\n<p><strong>\u00abUne mesure contre-productive\u00bb<\/strong><br \/>\n<br \/>Le Dr Pierre Paresys \u00e9tait en gr\u00e8ve mardi, \u00e0 l&rsquo;appel de l&rsquo;intersyndicale des psychiatres publics. Vice-pr\u00e9sident de l&rsquo;Union syndicale de la psychiatrie, il fait partie des sp\u00e9cialistes qui ont sign\u00e9 \u00abl&rsquo;Appel des 39 contre la Nuit S\u00e9curitaire\u00bb, un collectif en premi\u00e8re ligne de la contestation qui r\u00e9clame le retrait du texte. Il d\u00e9nonce une loi dont le but est de g\u00e9n\u00e9raliser le traitement sans consentement, ouvrant la voie aux abus. \u00abLe risque pour les m\u00e9decins est de succomber \u00e0 la facilit\u00e9. Il est plus facile d&rsquo;imposer un traitement que d&rsquo;\u00e9tablir une relation de confiance avec les patients pour les convaincre qu&rsquo;ils ont besoin d&rsquo;\u00eatre soign\u00e9s\u00bb, d\u00e9nonce-t-il. \u00abMais au final, cela va s&rsquo;av\u00e9rer contre-productif : si les patients redoutent d&rsquo;\u00eatre soumis \u00e0 des soins obligatoires, ils vont devenir m\u00e9fiants et finiront par \u00e9viter les psychiatres. R\u00e9sultat : ils iront de plus en plus mal\u00bb.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse, et m\u00eame s&rsquo;il d\u00e9plore que la loi \u00abmanque d&rsquo;ambition\u00bb et introduise des \u00ablourdeurs\u00bb dans les proc\u00e9dures, le Pr Thierry Bougerol estime que permettre d&rsquo;imposer un traitement \u00e0 une personne sans l&rsquo;enfermer est positif. \u00abCela va dans le sens de l&rsquo;\u00e9volution de la psychiatrie moderne. On essaie le plus possible de ne pas hospitaliser les gens \u00e0 temps complet, car cela leur permet de garder un lien avec leur famille, leurs proches, et de ne pas \u00eatre stigmatis\u00e9s\u00bb, explique le chef de service du CHU de Grenoble.<\/p>\n<p><strong>\u00abUn texte trop s\u00e9curitaire\u00bb<\/strong><br \/>\n<br \/>Une autre mesure critiqu\u00e9e par une partie de la profession est la cr\u00e9ation d&rsquo;une p\u00e9riode d&rsquo;observation du patient pendant 72 heures, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, pour permettre aux m\u00e9decins de d\u00e9cider s&rsquo;il doit \u00eatre soumis \u00e0 des soins malgr\u00e9 son refus. Pour Pierre Paresys, cela revient \u00e0 cr\u00e9er une \u00abgarde \u00e0 vue sanitaire, une zone de non-droit\u00bb. Des termes jug\u00e9s excessifs par le Pr Bougerol. \u00abC&rsquo;est une mesure int\u00e9ressante car elle correspond aux besoins d&rsquo;\u00e9valuation des m\u00e9decins dans les situations d&rsquo;urgence\u00bb, estime-t-il.<\/p>\n<p>Les deux psychiatres se rejoignent en revanche pour d\u00e9noncer la mesure qui donne le droit au pr\u00e9fet de s&rsquo;opposer \u00e0 la sortie d&rsquo;un patient hospitalis\u00e9 s&rsquo;il estime que celui-ci repr\u00e9sente un danger pour autrui, m\u00eame si les m\u00e9decins ont un avis contraire. \u00abL\u00e0, le texte me semble excessivement s\u00e9curitaire, remarque le Pr Bougerol. C&rsquo;est l&rsquo;avis m\u00e9dical qui doit pr\u00e9valoir. Pas un jugement fond\u00e9 sur le risque suppos\u00e9 d&rsquo;atteinte \u00e0 l&rsquo;ordre public\u00bb. Pour le Dr Paresys, confier pareil pouvoir \u00e0 un pr\u00e9fet \u00abest clairement de la folie\u00bb. \u00abDans ce dossier, le gouvernement joue la politique de la peur\u00bb, d\u00e9plore le psychiatre. \u00abIl cherche des boucs \u00e9missaires et confond comme d&rsquo;habitude maladie mentale et criminalit\u00e9, alors que les malades sont bien plus souvent victimes que criminels\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les s\u00e9nateurs examinaient ces jours-ci le projet de loi sur l&rsquo;obligation de soins en cas&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[600],"tags":[],"class_list":["post-24033","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contraintes-et-liberte"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24033","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=24033"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24033\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24033"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24033"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24033"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}