{"id":25188,"date":"2015-07-03T10:04:58","date_gmt":"2015-07-03T08:04:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=25188"},"modified":"2021-06-01T21:56:28","modified_gmt":"2021-06-01T19:56:28","slug":"reforme-du-ceseda-l-usp-s-inquiete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=25188","title":{"rendered":"R\u00e9forme du CESEDA : l&rsquo;USP s&rsquo;inqui\u00e8te de deux changements nocifs"},"content":{"rendered":"Le projet de loi \u00ab relatif au droit des \u00e9trangers en France \u00bb (r\u00e9forme du CESEDA) doit \u00eatre discut\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale.\n\nL\u2019USP rappelle tout d\u2019abord que, contrairement aux d\u00e9clarations officielles parlant d\u2019un texte \u00ab \u00e9quilibr\u00e9 \u00bb (entre lutte contre l\u2019immigration irr\u00e9guli\u00e8re et meilleures conditions pour les \u00e9trangers s\u00e9journant en France), ce projet de loi perp\u00e9tue les r\u00e9formes pr\u00e9c\u00e9dentes et contribue \u00e0 p\u00e9renniser la pr\u00e9carit\u00e9 du droit au s\u00e9jour des \u00e9trangers et la suspicion \u00e0 leur \u00e9gard.\nL\u2019USP, comme syndicat de psychiatres soucieux \u00e0 la fois des soins et du respect des libert\u00e9s publiques, souhaite insister plus particuli\u00e8rement sur deux changements introduits par ce projet de loi, qui lui paraissent particuli\u00e8rement nocifs.\n\nI- L\u2019\u00e9valuation m\u00e9dicale pour les demandes de titres de s\u00e9jour \u00ab \u00e9trangers malades \u00bb\nActuellement, lorsqu\u2019une personne demande en pr\u00e9fecture la d\u00e9livrance d\u2019un titre de s\u00e9jour dit \u00ab \u00e9tranger malade \u00bb (lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de \u00ab traitement appropri\u00e9 \u00bb dans son pays d\u2019origine), l\u2019\u00e9valuation m\u00e9dicale consiste en un avis donn\u00e9 par les m\u00e9decins des ARS (agences r\u00e9gionales de sant\u00e9), les MARS, d\u00e9pendant donc du minist\u00e8re de la Sant\u00e9, dans une logique de protection de la sant\u00e9. Avis dont nous rappelons qu\u2019ils sont de moins en moins suivis par les pr\u00e9fets lorsqu\u2019ils sont favorables.\nLe projet de loi pr\u00e9voit de revenir \u00e0 la notion \u00ab d\u2019acc\u00e8s effectif au traitement appropri\u00e9 \u00bb dans le pays d\u2019origine, ce qui est mieux, mais l\u2019int\u00e9r\u00eat de ce changement est balay\u00e9 par celui de l\u2019\u00e9valuation m\u00e9dicale qui serait effectu\u00e9e par un coll\u00e8ge de m\u00e9decins de l\u2019OFII (office fran\u00e7ais de l\u2019immigration et de l\u2019int\u00e9gration), d\u00e9pendant du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur. Or ces m\u00e9decins ont des comp\u00e9tences exclusives de m\u00e9decine de contr\u00f4le et d\u00e9pendent directement du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, dans une logique de contr\u00f4le des \u00e9trangers et des flux migratoires.\nUn des arguments mis en avant pour ce changement est la variabilit\u00e9 des avis des MARS d\u2019un d\u00e9partement \u00e0 l\u2019autre et la comp\u00e9tence des m\u00e9decins de l\u2019OFII \u00ab habitu\u00e9s \u00e0 la probl\u00e9matique des \u00e9trangers puisqu\u2019il font passer 200 000 visites m\u00e9dicales par an \u00bb.\nOr :\n&#8211; La variabilit\u00e9 des avis m\u00e9dicaux est une constante dans tout le champ m\u00e9dical ; par exemple en psychiatrie, les soins sous contrainte varient dans une proportion de 1 \u00e0 10 suivant les d\u00e9partements, sans diff\u00e9rence \u00e9pid\u00e9miologique li\u00e9e aux pathologies diagnostiqu\u00e9es pouvant l\u2019expliquer.\n&#8211; L\u2019ind\u00e9pendance des m\u00e9decins ne saurait \u00eatre garantie par leur seule d\u00e9ontologie, mais d\u00e9pend aussi de la solidit\u00e9 de leur cadre statutaire et du sens de leurs missions ; deux exemples : la d\u00e9gradation de la m\u00e9decine du travail depuis la r\u00e9forme qui a fragilis\u00e9 le statut des m\u00e9decins du travail par rapport aux employeurs ; et en psychiatrie la d\u00e9nonciation par le CGLPL (contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des lieux de privation de libert\u00e9) du rattachement des psychiatres de l\u2019IPPP (infirmerie psychiatrique de la pr\u00e9fecture de police de Paris) au pr\u00e9fet de police de Paris alors m\u00eame qu\u2019ils participent aux hospitalisations sous contrainte faites \u00e0 l\u2019IPPP.\nL\u2019USP demande donc que l\u2019\u00e9valuation m\u00e9dicales pour les demandes de titre de s\u00e9jour \u00ab \u00e9tranger malade \u00bb ne soit pas confi\u00e9e aux m\u00e9decins de l\u2019OFII, mais \u00e0 des m\u00e9decins d\u00e9pendant du minist\u00e8re de la Sant\u00e9, dans une optique stricte de protection de la sant\u00e9.\n\nII- L\u2019hallucinant projet d\u2019article L611-12 (cr\u00e9\u00e9 par l\u2019article 25 du projet de loi) n\u00e9cessite d\u2019\u00eatre cit\u00e9 int\u00e9gralement :\n<em>\u00ab sans que s\u2019y oppose le secret professionnel autre que le secret m\u00e9dical, les autorit\u00e9s et personnes priv\u00e9es vis\u00e9es aux alin\u00e9as suivants transmettent \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 administrative comp\u00e9tente, agissant dans l\u2019exercice des missions pr\u00e9vues au pr\u00e9sent code et sur sa demande, les documents et informations strictement n\u00e9cessaires au contr\u00f4le de la sinc\u00e9rit\u00e9 et de l\u2019exactitude des d\u00e9clarations souscrites ou de l\u2019authenticit\u00e9 des pi\u00e8ces produites en vue de l\u2019attribution d\u2019un droit au s\u00e9jour ou de sa v\u00e9rification.\nCe droit de communication s\u2019exerce, \u00e0 titre gratuit, quel que soit le support utilis\u00e9 pour la conservation des documents, aupr\u00e8s :\n&#8211; des administrations fiscales\n&#8211; des administrations charg\u00e9es du travail et de l\u2019emploi\n&#8211; des autorit\u00e9s d\u00e9positaires des actes d\u2019\u00e9tat civil\n&#8211; des organismes de s\u00e9curit\u00e9 sociale et de l\u2019institution vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article L 5312-1 du Code du travail\n&#8211; des collectivit\u00e9s territoriales\n&#8211; des chambres consulaires\n&#8211; des \u00e9tablissements scolaires et d\u2019enseignement sup\u00e9rieur\n&#8211; des fournisseurs d\u2019\u00e9nergie, de t\u00e9l\u00e9communication et d\u2019acc\u00e8s internet\nDes \u00e9tablissements de soins publics et priv\u00e9s\n&#8211; des \u00e9tablissements bancaires et des organismes financiers\n&#8211; des entreprises de transport des personnes\n&#8211; des greffes des tribunaux de commerce\nL\u2019autorit\u00e9 administrative d\u00e9finie au premier alin\u00e9a peut, aux m\u00eames fins, consulter les donn\u00e9es pertinentes d\u00e9tenues par ces autorit\u00e9s et personnes priv\u00e9es \u00bb.<\/em>\n\nSon objectif est de d\u00e9tecter des documents frauduleux.\nCela ouvre \u00e0 des pouvoirs exorbitants des pr\u00e9fectures et des consulats sur la vie priv\u00e9e. Si cela devient possible pour des \u00ab \u00e9trangers \u00bb, pourquoi pas pour tout un chacun demain ?\nLe secret m\u00e9dical resterait le seul secret professionnel \u00e9pargn\u00e9, mais il faut savoir que la loi Sant\u00e9 en cours d\u2019examen pr\u00e9voit une large et dangereuse extension du secret partag\u00e9 et bien des \u00e9l\u00e9ments m\u00e9dicaux se retrouveront donc communicables par d\u2019autres.\nLa confidentialit\u00e9 et le respect de la vie priv\u00e9e \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 mis \u00e0 mal par de nombreux textes et fichiers, nous sommes atterr\u00e9s, comme m\u00e9decins, qu\u2019un tel article de loi puisse voir le jour. Nous en demandons bien \u00e9videmment le retrait.\n\n<strong>En r\u00e9sum\u00e9, l\u2019USP demande le retrait :\n&#8211; de l\u2019\u00e9valuation m\u00e9dicale de personnes \u00e9trang\u00e8res malades par des m\u00e9decins d\u00e9pendant du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur (CESEDA art L313-11 modifi\u00e9 par l\u2019article 10,3\u00b0 du projet de loi),\n&#8211; du libre acc\u00e8s par les pr\u00e9fectures et les consulats \u00e0 des donn\u00e9es tr\u00e8s nombreuses d\u00e9tenues par des administrations et des entreprises priv\u00e9es sur des personnes \u00e9trang\u00e8res (article L611-12, dans l\u2019article 25 du projet de loi).<\/strong>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Documents joints<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"http:\/\/www.uspsy.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/pdf_communique_de_l_usp_ceseda_3_juillet_2015.pdf\">Communiqu\u00e9 de l&rsquo;USP_CESEDA_3 juillet 2015.pdf<\/a><\/div>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le projet de loi \u00ab relatif au droit des \u00e9trangers en France \u00bb (r\u00e9forme du&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[591],"tags":[],"class_list":["post-25188","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-communiques-de-presse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25188","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=25188"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25188\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25190,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25188\/revisions\/25190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=25188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=25188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=25188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}