{"id":25195,"date":"2015-09-17T13:13:53","date_gmt":"2015-09-17T11:13:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=25195"},"modified":"2015-09-17T13:13:53","modified_gmt":"2015-09-17T11:13:53","slug":"collectif-des-39-la-sangle-qui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.uspsy.fr\/?p=25195","title":{"rendered":"Collectif des 39 : La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne"},"content":{"rendered":"<p>En France, chaque jour, on enferme, on immobilise, on attache, on sangle, des personnes malades.<\/p>\n<p>Ces pratiques de contention physique d\u2019un autre \u00e2ge se d\u00e9roulent quotidiennement dans ce pays. Ces pratiques d\u00e9gradantes avaient quasiment disparu. Or les contr\u00f4leurs g\u00e9n\u00e9raux des lieux de privation de libert\u00e9, Jean marie Delarue puis Adeline Hazan, l\u2019ont constat\u00e9, elles sont d\u00e9sormais en nette augmentation, qui plus est banalis\u00e9es comme des actes ordinaires.<\/p>\n<p>Dans le projet de loi \u00ab de modernisation du syst\u00e8me de sant\u00e9 \u00bb on lit m\u00eame que ces actes auraient des vertus th\u00e9rapeutiques!<\/p>\n<p>Nous l\u2019affirmons : Ces actes ne soignent pas.<\/p>\n<p>Nous soignants, patients, familles, citoyens ne pouvons accepter que ces pratiques perdurent.<\/p>\n<p>Les patients qui les ont subies en t\u00e9moignent r\u00e9guli\u00e8rement, elles produisent un traumatisme \u00e0 jamais ancr\u00e9 dans leur chair et dans leur c\u0153ur.<\/p>\n<p>Dire non aux sangles qui font mal, qui font hurler, qui effraient plus que tout, c\u2019est dire oui :<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est dire oui \u00e0 un minimum de fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est remettre au travail une pens\u00e9e affadie, devenue glac\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est poser un acte de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est trouver et appliquer des solutions humaines \u00e0 des comportements engendr\u00e9s par d\u2019\u00e9normes souffrances, mais qui peuvent para\u00eetre incompr\u00e9hensibles ou non traitables autrement.<\/p>\n<p>Or nous, nous savons que l\u2019on peut faire autrement. Cela a \u00e9t\u00e9 fait durant des d\u00e9cennies, cela se fait encore dans certains services.<\/p>\n<p>Mais ce savoir faire est en train de se perdre au profit de la banalisation grandissante de ces actes de contention.<\/p>\n<p>Nous l\u2019affirmons : accueillir et soigner les patients, quelle que soit leur pathologie, n\u00e9cessite d\u2019\u0153uvrer \u00e0 la construction de collectifs soignants suffisamment impliqu\u00e9s et engag\u00e9s dans le d\u00e9sir d\u2019\u00e9couter les patients, de parler avec eux, de chercher avec eux les conditions d\u2019un soin possible.<\/p>\n<p>Un minimum de confiance, d\u2019ind\u00e9pendance professionnelle et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 est \u00e0 la base de ce processus.<\/p>\n<p>Or le syst\u00e8me hospitalier actuel malm\u00e8ne et d\u00e9shumanise les soignants.<\/p>\n<p>L\u2019emprise gestionnaire et bureaucratique envahit le quotidien : principe de pr\u00e9caution, risque z\u00e9ro, techniques s\u00e9curitaires, protocolisation permanente des actes, r\u00e9duction du temps de transmission entre les soignants etc\u2026 Elle dissout petit \u00e0 petit la disponibilit\u00e9 des acteurs de soins : comment alors prendre le temps de comprendre, de chercher du sens, de penser tout simplement que le patient, si inaccessible soit-il, attend des r\u00e9ponses et des solutions humaines \u00e0 m\u00eame de l\u2019apaiser.<\/p>\n<p>Ce contexte nuisible trouve dans la banalisation des actes de contention physique sa traduction \u00ab naturelle \u00bb, expression du d\u00e9sarroi et\/ou du renoncement.<\/p>\n<p>Repenser la formation, donner de toute urgence des moyens n\u00e9cessaires \u00e0 cette mission complexe et difficile est la moindre des choses et ouvrirait la voie \u00e0 la r\u00e9invention de l\u2019accueil et du soin.<\/p>\n<p>Pensez-y. Qui d\u2019entre nous supporterait de voir son enfant, ou son parent proche, ou un ami, en grande souffrance, attach\u00e9, ligot\u00e9, sangl\u00e9 ? Qui accepterait de s\u2019entendre dire que c\u2019est pour le bien de cette personne ch\u00e8re ? Qui pourrait accepter un tel acte alors qu\u2019il est possible d\u2019agir autrement ? Car il est possible d\u2019agir autrement !<\/p>\n<p>Mesdames, messieurs les parlementaires, nous savons que parfois il vous faut beaucoup de courage pour \u00e9laborer des lois qui semblent aller \u00e0 contre-courant des id\u00e9es re\u00e7ues ! La maladie mentale fait peur. Le traitement de diff\u00e9rentes affaires tragiques, mais totalement minoritaires, par les m\u00e9dias alimente cette peur. Ne pas c\u00e9der \u00e0 cette peur nous revient, vous revient \u00e0 vous les \u00e9lus du peuple.<\/p>\n<p>Il nous revient d\u2019affirmer haut et fort qu\u2019une vision s\u00e9curitaire de la psychiatrie va \u00e0 l\u2019encontre du besoin l\u00e9gitime de s\u00e9curit\u00e9 protectrice que soignants, patients et familles r\u00e9clament.<\/p>\n<p>Proscrire la contention physique permettra aux patients, aux familles, aux soignants de retrouver une dignit\u00e9 n\u00e9cessaire et indispensable pour traverser les dures \u00e9preuves de cette souffrance psychique inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019homme.<\/p>\n<p>Rien n\u2019est hors de port\u00e9e de l\u2019intelligence humaine ! Mesdames, messieurs les parlementaires ne laissez pas les patients soumis \u00e0 des traitements qui ne sont pas des soins !<\/p>\n<p>Quelle Hospitalit\u00e9 pour la folie ?<br \/>\n<br \/>Collectif des 39<br \/>\n<br \/>http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En France, chaque jour, on enferme, on immobilise, on attache, on sangle, des personnes malades.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[598],"tags":[],"class_list":["post-25195","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25195","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=25195"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25195\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=25195"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=25195"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.uspsy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=25195"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}