La Psychiatrie Publique traverse une crise profonde qui s’aggrave d’année en année :
– Crise des effectifs (30% des postes de PH ne sont pas pourvus).
– Crise des vocations (15% des postes d’internes ne sont pas pourvus).
– Crise capacitaire (il manque environ 10.000 lits d’hospitalisation et des centaines des patients restent plusieurs jours aux Urgences en attendant qu’un lit se libère).
– Crise budgétaire (la plus faible progression de l’ONDAM toutes disciplines confondues).
– Crise institutionnelle (attaques et démantèlement du secteur et de ses structures par couches successives, destruction de la psychiatrie basée sur la pluralité des modèles et des pratiques).
– Crise de reconnaissance (dénigrement régulier de nos instances représentatives nationales : CNP, syndicats des PH).
– Crise des moyens, des ressources et des rémunérations.
A cela s’ajoutent
– Une vétusté parfois criante des locaux et des équipements.
– Une augmentation constante de nos files actives tant ambulatoires (plus de 2.000.000 de patients suivis dans nos CMP dont les listes d’attente s’allongent de manière préoccupante) qu’en hospitalisation (480.000 patients hospitalisés/an).
– Des missions nouvelles qui s’ajoutent sur notre discipline (radicalisés, coupe-file jeunes, zéro contention etc..).
– Une survalorisation des structures de type centres experts souvent à distance des populations desservies.
Nous avons à plusieurs reprises alerté les ministres successifs, rédigé des rapports (souvent à leur demande) qui sont restés sans suite aucune. De plus, des annonces parfois maladroites ont davantage découragé les professionnels de terrain déjà exsangues par une charge de travail immense (voir notre rapport au Ministre BRAUN) et se sentent pas reconnus.
Nous demandons un dialogue constructif avec le gouvernement, la co-construction d’un plan pluriannuel de redressement de la psychiatrie publique, la reconnaissance et le respect de ses instances représentatives et de ses syndicats.
Nous demandons par ailleurs et en urgence la revalorisation de nos revenus et la reconnaissance de la pénibilité de la psychiatrie de service public, clef de la lutte contre la désaffection de notre discipline.
Nous demandons une augmentation significative de la capacité en lits d’hospitalisation et en places pour l’extra-hospitalier.
Nous demandons enfin la facilitation et la consolidation de l’accès aux soins au plus près des patients, dans les CMP, pour assurer des prises en charge évitant les ruptures.
Devant cette situation catastrophique qui dure et pour faire entendre que l’état la psychiatrie publique est devenue une Urgence Républicaine, nous appelons à une journée d’action et de mobilisation des PH en psychiatrie et nous déposons un préavis de grève pour la journée du 17 septembre 2026.
Norbert SKURNIK – Stéphane BOURCET – Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP)
Gabrielle ALLIO – Michel TRIANTAFYLLOU – Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP)
Marie-José CORTÈS – Stéphane HENRIETTE – Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)
Charles-Olivier PONS – Delphine GLACHANT – Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)
